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La "journée de la fille" célébrée sur les réseaux sociaux en Inde

Une jeune indienne musulmane lors de l'Aïd-el-fitr, le 7 juillet 2016 à Bangalore.
Une jeune indienne musulmane lors de l'Aïd-el-fitr, le 7 juillet 2016 à Bangalore. Manjunath Kiran, AFP

Les Indiens ont fêté jeudi 11 août la "journée de la fille" sur les réseaux sociaux. Une initiative lancée par les autorités indiennes destinée à sensibiliser sur les avortements de fœtus féminins, une pratique courante dans le pays.

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La "fête des filles" est devenue une nouvelle tradition en Inde. Désormais, le 11 août, on célèbre les filles, belles-filles et petites-filles, notamment sur les réseaux sociaux. L’objectif de cette journée est avant tout politique : il s’agit pour les pouvoirs publics indiens de mettre un terme – ou du moins de réduire – le foeticide féminin.

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Le phénomène est loin d’être anecdotique dans le pays de Mahatmah Ghandi. Chaque année, des milliers d’avortements destinés à éliminer les fœtus féminins y sont pratiqués. En 2010, il manquait 43 millions de femmes en Inde, selon un rapport du programme des Nations Unies. Et l'écart ne semble pas prêt de s'estomper.

"Le temps est venu de célébrer les femmes"

La campagne nationale propose donc à tous les internautes de poster des clichés de leurs propres filles, petites-filles ou belles-filles sur Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux en utilisant le hashtag #BBBPDaughtersWeek.

"Le moment est venu de célébrer les femmes, a déclaré Maneka Gandhi, la ministre indienne des Femmes et de l'Enfance, sur le site de la BBC. La situation des femmes s’est améliorée, on leur fait beaucoup plus confiance aujourd’hui. Maintenant, les petites filles devraient être davantage mises en valeur. C’est le message que nous voulons faire passer", a-t-elle ajouté. Joignant le geste à la parole, la militante féministe a posté une photo d’elle entourée de sa fille et petite-fille.

Une campagne ludique destinée à dénoncer les autres problèmes auxquels sont confrontées les femmes en Inde. Même si le pays a considérablement durci son arsenal juridique pour les protéger, (vote de loi interdisant le système de dot, les avortements sélectifs, autorisant le recours civils aux femmes mariées de force et peine alourdie pour les viols), il reste fort à faire.

Chaque jour, au moins 22 femmes sont tuées pour des dots en Inde. Un viol est rapporté toutes les 22 minutes dans le pays. Une femme est agressée au sein de sa maison toutes les cinq minutes.

 

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