FRANCE

Saint-Étienne-du-Rouvray : le suspect toulousain mis en examen et écroué

Rue de Peuchbonnieu, ville de la banlieue de Toulouse où le suspect a été arrêté le 10 août.
Rue de Peuchbonnieu, ville de la banlieue de Toulouse où le suspect a été arrêté le 10 août. Pascal Pavani, AFP

L'homme suspecté d'avoir été en contact avec les deux tueurs de Saint-Étienne-du-Rouvray a été mis en examen et écroué, vendredi, pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle".

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Des contacts sur la messagerie Telegram puis une mystérieuse rencontre avec les tueurs du père Jacques Hamel dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray : un suspect de 21 ans a été mis en examen, vendredi 12 août, et écroué dans l'enquête sur l'attentat du 26 juillet.

Après quatre jours de garde à vue, le jeune homme interpellé lundi à Pechbonnieu, dans la banlieue nord de Toulouse, a été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle", selon une source judiciaire. Il a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Paris.

Radicalisation rapide

Titulaire d'un bac en électronique, sans emploi, le suspect, inconnu des services de renseignement, affirme s'être radicalisé rapidement, selon une source proche de l'enquête. Aux yeux des enquêteurs, il apparaît comme un jeune homme désœuvré et instable, actif sur les réseaux sociaux, et notamment Telegram, messagerie cryptée prisée des jihadistes pour sa confidentialité.

C'est par ce canal qu'il serait entré en contact avec Adel Kermiche qui, avec Abdel Malik Petitjean, a tué le père Jacques Hamel. Tous deux âgés de 19 ans, vivant à 700 km de distance l'un de l'autre, les tueurs avaient fait connaissance via Telegram quelques jours seulement avant leur passage à l'acte.

>> À lire sur France 24 : "Peut-on surveiller Telegram, la messagerie prisée des jihadistes ?"

Le 26 juillet, ils avaient surgi dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, pris en otages cinq personnes et tué le prêtre en pleine messe dans son église, avant d'être abattus par la police. L'assassinat a été revendiqué par l'organisation jihadiste État islamique (EI).

Les enquêteurs sont remontés jusqu'au suspect toulousain parce que les portables des deux assaillants figuraient dans les contacts de sa ligne téléphonique, selon la source proche de l'enquête. En garde à vue, il a expliqué aux policiers de la SDAT (sous-direction antiterroriste) s'être rendu le 24 juillet à Saint-Étienne-du-Rouvray pour y suivre un "stage de religion" avec plusieurs personnes, parmi lesquelles les deux tueurs, a rapporté cette source.

"Le contact n'était pas bon"

Le jeune homme a raconté avoir passé la nuit sur place mais être reparti le lendemain matin parce que "le contact n'était pas bon", a relaté une source policière. Que se sont-ils dit ? Le visiteur toulousain était-il au courant d'un projet d'attaque contre l'église ? Devant les enquêteurs, il a affirmé avoir quitté Kermiche et Petitjean sans rien savoir de leur projet jihadiste, selon la source policière.

Or, selon une source proche de l'enquête, les enquêteurs le soupçonnent d'avoir eu connaissance du contenu du compte Telegram de Kermiche qui y a dévoilé le scénario de l'attaque du 26 juillet. Le tueur avait en effet décrit par avance dans un message le mode opératoire de l'attaque, mentionnant "un couteau" ainsi qu'"une église".

D'après ses déclarations, ce n'est qu'une fois reparti chez lui que le suspect toulousain aurait alors fait le lien entre l'attaque et ses récents contacts en Normandie, a relaté une source policière.

Dans cette affaire, un cousin d'Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué le 31 juillet. Né à Nancy, cet homme de 30 ans "avait parfaitement connaissance, si ce n'est du lieu et du jour précis, de l'imminence d'un projet d'action violente de son cousin", selon le parquet de Paris.

Avec AFP

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