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Forte tension en Haute-Corse après une violente rixe intercommunautaire

La police surveille une manifestation de Corses à Lupino, un quartier populaire de Bastia, le 14 août 2016.
La police surveille une manifestation de Corses à Lupino, un quartier populaire de Bastia, le 14 août 2016. Pascal Pochard-Casabianca, AFP

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies, dimanche, devant la mairie de Bastia (Haute-Corse), pour protester deux jours après une violente altercation entre trois famille maghrébines et des jeunes Corses à Sisco.

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Environ 500 personnes ont participé dimanche 14 août à Bastia à un rassemblement dans une atmosphère tendue au lendemain d'une violente rixe entre jeunes Corses et trois familles d'origine maghrébine, ayant fait cinq blessés à Sisco (Haute-Corse).

"Un différend a éclaté [samedi] entre les membres de trois familles, d'origine maghrébine, et des jeunes de la région de Sisco qui ont reçu le renfort de proches", a indiqué dimanche en fin d'après-midi le parquet de Bastia dans un communiqué. Une enquête en flagrance a été ouverte "pour violence en réunion", "pour en établir l'origine", a-t-il indiqué à l'AFP. Car les faits sont encore confus.

"Cette altercation a entraîné différentes violences notamment par jets de pierre, coups et jets de bouteilles. Trois véhicules automobiles ont, par ailleurs, été incendiés. La gendarmerie est parvenue à maîtriser la situation, d'une grande violence, et à prendre en charge les cinq personnes blessées qui ont été admises au centre hospitalier de Bastia", poursuit le parquet dans le communiqué.

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Burkinis, photos et insultes

Une jeune fille mineure, témoin des affrontements, a livré sa version des faits. Elle a indiqué que la rixe avait éclaté alors que plusieurs femmes qui se baignaient en burkini ont été prises en photo par des touristes. Un groupe de jeunes gens d'origine maghrébine a alors proféré des insultes, selon elle.

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Plusieurs hommes plus âgés sont ensuite arrivés, munis de hachettes, s'en prenant à un groupe de jeunes gens corses, âgés de 15 à 18 ans qui étaient sur la plage. Affolés, ces derniers ont appelé leurs parents, qui sont à leur tour intervenus. La situation a gravement dégénéré. Deux personnes ont été blessées avec des harpons, a indiqué la jeune fille.

"Le ton est monté", "les gens du village sont descendus", a-t-elle ajouté, précisant que les pneus de plusieurs de leurs voitures avaient été crevés par des femmes maghrébines, tandis que les villageois ont renversé une voiture et incendié deux autres véhicules appartenant à des membres de la communauté maghrébine.

Burkinis interdits à Sisco

Une centaine de policiers et gendarmes ont été envoyés sur place pour ramener le calme. La section de recherches d'Ajaccio a été saisie de l'enquête. Le maire PS de Sisco, Ange-Pierre Vivoni, a pris lundi un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune.

Les cinq personnes blessées ont toutes quitté l'hôpital dimanche en fin d'après-midi a précisé le parquet à l'AFP. Aucun des protagonistes n'a encore été entendu par les gendarmes.

À l'issue de la manifestation dimanche, une délégation a été reçue à la préfecture de Bastia. À la sortie, dans une ambiance très tendue, la foule a crié "aux armes, on va monter parce qu'on est chez nous" et s'est dirigée vers le quartier Lupino, un quartier populaire et métissé de Bastia dont les gendarmes mobiles ont bloqué l'entrée.

Peu après les manifestants sont allés jusqu'à l'hôpital où un jeune homme d'origine maghrébine, blessé samedi, était hospitalisé. Des CRS venus en renfort se sont positionnés à proximité et ont fait usage de gaz lacrymogènes après avoir été la cible de projectiles, a constaté une journaliste de l'AFP.

Appel au calme

Dès samedi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné "avec force ces violences" et "assuré de la mobilisation de ses services dans le cadre de l'enquête" judiciaire "pour faire la lumière sur ces faits intolérables et interpeller les auteurs".

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, et celui de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, ont lancé un "appel au calme et au refus de toute réaction inappropriée", condamnant "les comportements provocateurs et des actes violents de la part de personne extérieures à la commune", accompagnés "selon les témoins d'une revendication explicitement communautariste".

Dans un tweet, le président du Conseil départemental de Haute-Corse, François Orlandi a demandé que cette "agression inacceptable" soit "sanctionnée". Mais "l'appel au calme et au sang-froid est nécessaire pour éviter que les amalgames stigmatisent toute une communauté qui souhaite vivre en paix dans une île où elle travaille depuis des décennies et où, souvent, ses enfants sont nés", écrit-il.

Avec AFP

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