RIO-2016

JO-2016 : Sarah Ourahmoune écrit l'histoire de la boxe française à Rio

La boxeuse Sarah Ourahmoune lors de sa première victoire dans ces Jeux contre la Marocaine Zohra Ez Zahraoui.
La boxeuse Sarah Ourahmoune lors de sa première victoire dans ces Jeux contre la Marocaine Zohra Ez Zahraoui. Yuri Cortez, AFP

À 34 ans, Sarah Ourahmoune est la première boxeuse française à participer à des Jeux olympiques. À Rio, la Française peut prétendre au Graal et espère ainsi faire mieux connaître son sport.

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Mise à jour : la boxeuse Sarah Ourahmoune a finalement décroché l'argent lors des JO de Rio. Elle s'est inclinée en finale face à la Britannique Nicola Adams. Il s'agissait du tout dernier combat de sa carrière.

Sur le ring de Rio, Sarah Ourahmoune est entrée dans l’histoire de la boxe en France en devenant la première à participer aux Jeux olympiques, vendredi 12 août, dans la catégorie des moins de 51 kg. Championne du monde en 2003, trois fois championne de l’Union européenne, dix fois championne de France, la sportive de 34 ans peut espérer aller encore beaucoup plus loin et pourquoi pas décrocher l’or.

Sarah Ourahmoune a remporté vendredi son premier combat face à la Marocaine Zohra Ez Zahraoui, par décision unanime des juges. Mardi, elle s’est défaite en quarts de finale de la Kazakh Zhaina Sherkerbekova, là encore, par décision unanime des juges. Deux jours plus tard, elle a décroché sa place en finale en s'imposant face à la Colombienne Ingrid Lorena Valencia. Elle se battra pour l'or samedi.

Deux ans sans compétition

La jeune femme avait pourtant raccroché ses gants après les derniers Jeux à Londres pour lesquels elle n’avait pas réussi à se qualifier. Entre-temps, elle a mis au monde une petite fille et a créé sa propre structure "Boxer Inside", qui propose tout type de cours de boxe pour hommes et femmes.

Mais la passion du combat a finalement été plus forte. En 2014, elle reprend le chemin de l’entraînement. "Je pensais qu’une fois devenue maman, je n’aurais plus envie d’y retourner. Mais j’y pensais toujours, j’avais peur d’avoir des regrets", a-t-elle expliqué à l’AFP.

Ce goût pour la boxe, elle le découvre un peu par hasard lorsque sa famille déménage à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Elle n'a alors que 15 ans et l’adolescente veut continuer à pratiquer son sport, le taekwondo. Mais elle ne trouve pas de club dans les alentours et se tourne vers une autre discipline. "Je suis allée me renseigner à la salle de Boxing Beats d'Aubervilliers, l'entraîneur m'a parlé de la boxe anglaise et m'a proposé un cours d'essai", a-t-elle raconté au Figaro début août.

Le coup de foudre est immédiat, bien que les débuts sont difficiles. Certains n’apprécient pas l’arrivée des femmes dans ce sport très masculin. "Je me souviens qu’au tout début, certains me regardaient un peu de haut ou de travers. J’ai souvent entendu autour de moi que la boxe, ce n’était pas pour les filles", a-t-elle décrit dans une interview pour le site du département de Seine-Saint-Denis. "Même ma mère est venue plusieurs fois voir Saïd [Bennajem, un entraîneur du Boxing Beats, NDLR] pour lui dire de me convaincre d’arrêter. Elle avait peur pour moi, pour ma santé."

"Donner tout ce que je peux"

Mais la combattante s’accroche. Deux ans après l’autorisation en France de la boxe féminine en compétition, elle remporte en 1999 son premier titre de championne de France. En 2008 à Pékin, elle devient championne du monde des - 48 kg, mais à la faveur d’une disqualification de son adversaire chinoise, contrôlée quelques mois plus tard positive. Un titre qui garde un goût amer, comme elle l’avait confié au site de l’équipe de France olympique : "Jusqu’à aujourd’hui, je ne me sens pas championne du monde. Je n’ai pas entendu "La Marseillaise". Je n’ai pas vu monter le drapeau sur la plus haute marche du podium".

À Rio, elle espère combler ce manque et enfin entendre résonner l’hymne français : "Je me suis fixé quatre victoires. L’objectif est de donner tout ce que je peux, le meilleur, et de ne pas avoir de regrets". Grâce à cette médiatisation, Sarah Ourahmoune espère aussi faire progresser son sport : "C’est bien pour la boxe féminine, c’est l’occasion d’avoir une vitrine sur le monde et de faire parler de notre discipline. Je suis sûre que, par la suite, il y aura plein de jeunes filles qui oseront franchir les portes d’une salle de boxe".

Avec AFP

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