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La police de Londres crée une brigade anti-trolls

Bloomberg/Getty

La "Online Hate Crime Hub", nouvelle unité de Scotland Yard, promet de débusquer les auteurs d’abus en ligne et de mieux venir en aide aux victimes.

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On pourrait croire qu’il s’agit là de la nouvelle déclinaison de la série télévisée américaine "Law & Order" (connue sous le nom de "New York, police judiciaire" en France), imaginée par des scénaristes soucieux de coller à l’air du temps.

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Mais face aux abus qui ne cessent de se multiplier sur les réseaux sociaux, la police londonienne (et non new-yorkaise, donc) a décidé de donner vie à sa première brigade spéciale de lutte contre les cyber-crimes de haine commis sur les plates-formes sociales. Trolls racistes, homophobes ou tout simplement violents seront donc désormais dans le viseur de Scotland Yard.

Appelée la "Online Hate Crime Hub", pour "Brigade anti-crime de haine en ligne", cette unité ne sera déployée que dans les mois à venir. Elle comptera cinq membres à temps plein dans ses rangs – un inspecteur, de deux sergents de police et de trois agents – et sera financée par le Bureau de l’Intérieur (Home Office) à hauteur de 1,7 millions de livres, soit un peu plus de 1,9 millions d’euros, d'après des informations officielles relayées par la BBC.

Sa mission sera d’identifier les auteurs de violences en ligne qui se cachent derrière leurs écrans et leurs pseudonymes, mais aussi d'apporter l'aide nécessaire aux victimes de ces sévices. D'après le porte-parole du Bureau, ces dernières se retrouvent souvent "isolées et vivent dans la peur que les comportements qu'elles endurent sur le Net se matérialisent dans la vraie vie". La brigade envisage donc en parallèle de mieux œuvrer à leur soutien.

Armes adaptées

Pour le service de police municipal (Mopac, pour Mayor’s Office for Policing and Crime), les réseaux sociaux "font naître des criminels motivés par la haine et encouragés par le voile de l’anonymat, un voile qui rend plus difficiles les poursuites judiciaires et qui donne un écho plus puissant à leurs propos". Avant de poursuivre : "La réponse de la police à ces crimes de haine en ligne n'est pas pour l'instant adaptée, en premier lieu parce que nos officiers ne sont pas encore équipés pour les combattre." Mais son objectif est d'appliquer la "tolérance zéro" pour les mois avec les moyens dont elle disposera.

"Nos officiers ne sont pas encore équipés pour les combattre"

L’équipe qui constituera la "Online Hate Crime Hub" sera assistée dans sa traque de membres bénévoles, et formera plus généralement les forces de l'ordre à l’identification d’un débordement et à celle de son initiateur. 

De notre côté de la Manche, les lois françaises punissent les propos haineux lancés sur le Net : jusqu'à 6 mois de prison et 22 500 euros d'amende en cas d'injures, 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende en cas de harcèlement et un an de prison et 45 000 d'amende en cas de harcèlement. C'est le Département cybercriminalité du service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de la Gendarmerie nationale qui assure la surveillance du réseau "en recherchant les infractions portant atteinte aux personnes et aux biens et relatives à la transmission de données à caractère illicite sur Internet (les sites, les "Internet Relay Chat", les newsgroups, les réseaux d'échanges communautaires, le peer to peer)". Toutefois, aucune brigade n'est pour l'instant dédiée au répérage des "trolls haineux".

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