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Yémen : un hôpital visé par des frappes aériennes dans une zone rebelle, au moins 11 morts

Des avions de la coalition arabe participant à des raids aériens, en avril 2015.
Des avions de la coalition arabe participant à des raids aériens, en avril 2015. Ho, AFP

Un hôpital de Médecins sans frontières, dans le nord du Yémen, a été touché lundi par une frappe aérienne de la coalition arabe, alliée du pouvoir en exil. Au moins onze personnes sont mortes, dont un membre de MSF.

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Deux jours après un raid aérien mené par la coalition arabe contre une école coranique au Yémen, c’est un hôpital dans le nord du pays qui a été touché lundi 15 août. Au moins 11 personnes sont mortes, dont un membre de l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF), qui travaille depuis 2015 dans cet établissement de la ville d’Abs.

"L'explosion a tué sur le coup neuf personnes, dont un membre du personnel de MSF, et deux autres patients sont morts lors de leur transfert" vers un autre hôpital, a indiqué dans un communiqué l'organisation. Plus tôt dans la journée, MSF avait annoncé sur son compte Twitter que l'hôpital "avait été la cible de raids à 15 h 45 locales (12 h 45 GMT)".

Amnesty International a déploré ces raids contre l'hôpital "qui ont fait des victimes parmi les civils et le personnel médical". "Cibler intentionnellement des installations médicales est une violation sérieuse du droit humanitaire, qui pourrait constituer un crime de guerre", a-t-elle souligné en réclamant une enquête.

Les États-Unis ont également dénoncé ces frappes au Yémen, mais sans condamner explicitement la coalition arabe pilotée par l'Arabie saoudite et que Washington soutient. "Nous sommes profondément préoccupés par des informations concernant une frappe sur un hôpital dans le nord du Yémen [...]. Les frappes sur des infrastructures humanitaires, notamment des hôpitaux sont particulièrement inquiétantes", a dénoncé la porte-parole du département d'État Elizabeth Trudeau.

Des raids ciblés sur le nord du pays

Les raids de ces derniers jours ont eu lieu dans le nord du pays, dans des zones contrôlées par les rebelles houthis qui, alliés avec des soldats restés fidèles à l'ancien chef de l'État Ali Abdallah Saleh, se disputent le pouvoir avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi depuis 2014.

Abs, ville où se trouve l'hôpital visé, se trouve à la lisière d'Harad, à la frontière avec l'Arabie saoudite. C'est à partir là que les rebelles yéménites ont souvent bombardé des régions du royaume voisin, faisant des victimes.

Des sources militaires progouvernementales ont indiqué que des véhicules militaires avaient transféré de Harad des blessés rebelles à l'hôpital d'Abs, laissant entendre que les raids avaient visé l'établissement pour cette raison.

Une enquête ouverte

Samedi, les raids avaient touché une école à Saada, une autre province du Nord aux mains des rebelles, tuant dix enfants. La coalition a nié être à l'origine du bombardement de cet établissement et affirmé avoir visé un camp d'entraînement où les rebelles formaient selon elle des enfants soldats.

Après un appel en ce sens de Ban Ki-moon, la coalition arabe a toutefois annoncé l'ouverture d'une enquête sur ce bombardement, qui sera "indépendante et conforme aux normes internationales". La coalition et l'Arabie saoudite sont régulièrement accusées de "bavures" contre des civils et notamment contre des enfants.

Originaires du nord du Yémen, les Houthis se sont soulevés contre le pouvoir de M. Hadi en 2014, s'emparant de vastes portions de territoire, dont la capitale Sanaa. En mars 2015, l'Arabie saoudite sunnite voisine, qui accuse les Houthis de liens avec le rival iranien chiite, a pris la tête d'une coalition militaire arabe pour freiner la progression des rebelles en menant des bombardements aériens et des combats au sol. Depuis, cette guerre a fait plus de 6 400 morts et 30 000 blessés, dont de nombreux civils.

Avec AFP

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