SPORT

JO-2016 : Lavillenie sifflé par le public, "j'ai pris ça comme une insulte"

Renaud Lavillenie lors de la finale du saut à la perche aux JO de Rio, le 15 août 2016
Renaud Lavillenie lors de la finale du saut à la perche aux JO de Rio, le 15 août 2016 Olivier Lucazezau, AFP

Renaud Lavillenie, grand favori de la perche, a été battu par le héros local, le Brésilien Thiago Braz da Silva, en finale des JO-2016, sous les sifflets d'un public déchaîné. Le Français regrette le manque de fair-play du public brésilien.

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Renaud Lavillenie n’a pas réussi lundi soir à conserver son titre de champion olympique, face à un jeune Brésilien au sommet de son art et un public digne d'un stade de football.

Hué par le stade olympique, alors qu'il tentait de reprendre le dessus sur Thiago Braz da Silva, passé à 6,03 m au deuxième essai, le perchiste clermontois, qui décroche la médaille d'argent, lui a donné rendez-vous pour la revanche : "J'espère juste qu'en 2024, on aura les Jeux à Paris et que je lui rendrai la monnaie de sa pièce".

Les sentiments du perchiste sont partagés entre satisfaction et déception. "Repartir de Rio avec une médaille d'argent, c'est quand même pas mal, concède le Français qui a sauté à 5,98 m. J'aurais pu ne rien avoir, c'est une deuxième médaille olympique, c'est quelque chose qu'il ne faut pas dénigrer. Après je ne pourrai jamais partir de Rio avec le sourire, quand tu te fais huer pour faire ton sport."

"J'ai pris ça comme une insulte"

Puis il revient sur les sifflets qu’il a essuyés. "Quand je fais ce signe au public (pouce tourné vers le bas), ce n'est pas la première fois qu'ils me sifflaient. Je ne conçois pas de siffler des athlètes. Autant qu'ils restent chez eux derrière leur télé, ils laisseront la place à des gens qui ont envie de voir du sport. Ça perturbe énormément, on sent la méchanceté du public contre soi. Je fais un sport où on ne voit jamais ça. On n'est pas au foot, ce n'est pas la vraie vie, là. Je comprends totalement que les Brésiliens soient pour Thiago da Silva, mais le manque de respect n'est pas normal. J'ai pris ça comme une insulte. Je ne pense pas que ça aurait été la même chose en France."

Et de conclure, "il y a une vraie frustration et déception de voir qu'au JO il n'y a aucune valeur de respect et de fair-play. C'est vraiment dommage. S'il n'y avait pas eu ça, la compétition aurait été incroyable, car elle laissait des souvenirs impérissables. On ne voit pas souvent deux gars se battre pour franchir les 6 mètres. J'ai été heureux de pouvoir prendre part à cette compétition."

Le sportif français s'est également excusé sur les réseaux sociaux pour sa comparaison maladroite avec Jesse Owens. "Je n’ai jamais vu ça. Ça n’a pas dû arriver depuis Jesse Owens en 1936 à Berlin", avait commenté à chaud le perchiste français après le perte de son titre après les sifflets du public. Sur Twitter, Lavillenie a fait amende honorable. "Désolé pour cette mauvaise comparaison. J'ai réagi à chaud et je m'aperçois que j'avais tort. Je m'excuse auprès de tout le monde."

 Avec AFP

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