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Turquie : 1 900 ans de prison requis contre Fethullah Gülen, ennemi désigné d'Erdogan

Un manifestant pro-Erdogan piétine un portrait de Fethullah Gülen lors d'un rassemblement sur la place Taksim, à Istanbul, le 18 juillet 2016.
Un manifestant pro-Erdogan piétine un portrait de Fethullah Gülen lors d'un rassemblement sur la place Taksim, à Istanbul, le 18 juillet 2016. Ozan Kose, AFP (archives)

La justice turque a requis, mardi, de lourdes peines de prison contre Fethullah Gülen, la bête noire du président Erdogan. Éxilé aux États-Unis, l'homme de 75 ans est accusé d'avoir fomenté le coup d'État manqué du 15 juillet

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Deux peines de prison à vie et une peine supplémentaire de 1 900 ans. C'est ce qu'à requis le parquet turc, mardi 16 août, à l'encontre du prédicateur Fethullah Gülen, que le président Recep Tayyip Erdogan tient responsable d'avoir organisé le putsch avorté du 15 juillet.

Dans l'acte d'accusation long de 2 527 pages approuvé par les procureurs de la région d'Usak (ouest), Fethullah Gülen, qui vit aux États-Unis depuis 1999 et dont Ankara réclame l'extradition, est notamment accusé d'avoir "tenté de détruire l'ordre constitutionnel par la force" et "formé et dirigé un groupe terroriste armé", rapporte l'agence de presse turque Anadolu.

>> À lire sur France 24 - Erdogan : "Les putschistes avouent que les instructions sont venues de Gülen"

Ankara accuse l'homme de 75 ans d'être à la tête d'un "État parallèle", en particulier depuis la révélation en 2013 d'un scandale de corruption impliquant Erdogan. Dans leur acte d'accusation, les procureurs accusent également le réseau Gülen, baptisé par Ankara "organisation terroriste Fethullah" (Feto), d'avoir infiltré les institutions et les services de renseignement. L'accusation soutient que le groupe s'est appuyé sur son réseau de fondations, écoles privées, entreprises, sociétés d'assurance ou encore médias pour prendre le contrôle des institutions turques.

La Feto est accusée également d'avoir rassemblé des fonds versés par des hommes d'affaires sous couvert de "dons" et d'avoir transféré l'argent aux États-Unis, via des banques aux Émirats arabes unis, en Afrique du Sud, Tunisie, Maroc, Jordanie et Allemagne.

Le retour de la peine de mort remis en question

Une enquête avait été ouverte sur la Feto et son mode de financement en septembre 2015 par les procureurs de la région d'Usak. Depuis lors, 111 personnes ont été visées dans cette affaire et risquent entre deux ans de réclusion et la prison à vie. Treize suspects sont toujours en détention préventive.

Dès le surlendemain du coup avorté, le président Erdogan avait évoqué un possible rétablissement de la peine capitale, abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'Union européenne. Mais plus tôt mardi, le Premier ministre turc Binali Yildirim s'était prononcé en faveur d'un "procès juste et impartial" pour Fethullah Gülen, semblant faire marche arrière sur un possible rétablissement de la peine capitale. "Gülen va rentrer en Turquie et il rendra des comptes", a-t-il martelé.

"Une personne ne meurt qu'une seule fois lorsqu'elle est exécutée. Il existe des façons de vivre qui ressemblent davantage à la mort pour ces gens", a-t-il dit lors de sa harangue hebdomadaire au Parlement devant les députés de l'AKP, le parti conservateur au pouvoir.

Avec AFP

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