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JO-2016 : Haby Niaré, l’agent SNCF championne de Taekwondo

La taekwondoïste Haby Niaré est agente commerciale SNCF à la gare Saint-Lazare à Paris.
La taekwondoïste Haby Niaré est agente commerciale SNCF à la gare Saint-Lazare à Paris. Bertrand Jacquot / SNCF

À seulement 23 ans, Haby Niaré est l'un des grands espoirs du Taekwondo français aux Jeux de Rio. Championne du monde en 2013, la jeune femme jongle entre sa vie de sportive de haut niveau à l'Insep et un emploi d'agent SNCF.

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Mise à jour : pour ses premiers Jeux olympiques, Haby Niaré doit finalement se contenter de l'argent. Elle s'est inclinée en finale face à la Sud-Coréenne Oh Hye-Ri.

Si un jour vous avez cherché votre chemin à la gare Paris Saint-Lazare, vous vous êtes peut-être adressé, sans le savoir, à une championne du monde de Taekwondo qualifiée pour les Jeux de Rio. Une fois par semaine, Haby Niaré troque sa tenue de combat pour celle d’agent commercial de la SNCF. "Je m’investis au maximum le jour où je suis là. Mettre enfin des vêtements civils au lieu d’être toujours en survêt d’entraînement, ça fait du bien aussi", a-t-elle raconté récemment à la Gazette des Yvelines.

Malgré un palmarès impressionnant, cinq titres de championne de France, un sacre européen et un mondial en – 67 kg, la taekwondoïste est obligée d’avoir une activité professionnelle en plus de son entraînement de haut niveau. Elle a signée en 2015, un contrat avec la compagnie ferroviaire, tout comme deux autres membres de l’équipe de France, Stevens Barclais et Torann Maizeroi. "Toutes mes compétitions, je les fais avec des membres de la SNCF", s’en amuse-t-elle.

Pour arriver au Brésil dans les meilleures conditions, la jeune sportive de 23 ans, pensionnaire de l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) a aussi fait appel au financement participatif sur Internet. En quelques semaines, elle a récolté plus de 4 000 euros pour payer notamment les services d’un préparateur mental et d'un diététicien. "Chaque paramètre à son importance et l’absence de l’un d’eux peut anéantir tout le travail réalisé depuis quatre ans", expliquait-elle sur la page de son projet.

Haby Niaré poste des photos sur son compte Facebook depuis son arrivée au Brésil

Sur les traces de Gwladys Epangue

Dans l’univers du sport où l’argent est roi, on en oublie parfois que certains doivent batailler plus que les autres pour pouvoir vivre leur passion. Haby Niaré est pourtant l’une des plus grandes chances de médailles de l’équipe de France. Surnommée "Abigator" par ses partenaires d’entraînement elle pourrait bien décrocher l’or à Rio en l’absence de la double championne olympique sud-coréenne Hwang Kyung-seon.

La taekwondoiste originaire de Mantes-la-Jolie a enchaîné les victoires cette saison dans les principaux tournois et obtenu le statut de numéro un mondial. Elle est désormais comparée au plus grande et même à son idole sa compatriote Gwladys Epangue, médaillée de bronze à Pékin en 2008, qui sera aussi en compétition à Rio. "Je l’ai toujours admirée. Quand je suis entrée en équipe de France, j’ai eu la chance de la rencontrer et de m’entraîner avec elle, une période fantastique. Elle est comme une grande sœur et m’a permis d’aller de l’avant", avait confié Haby Niaré à son sujet au site officiel de Mantes-la-Jolie.

Une médaille qui manque à son palmarès

Malgré les attentes qui reposent sur ses épaules, la sportive essaye de rester le plus zen possible à l’approche de son entrée dans la compétition le 19 août. Comme elle l’écrivait en mai dernier dans un blog sur le site du Figaro, elle ne se lève pas tous les matins en pensant à l’or de Rio : "Je pense que mes parents sont plus excités que moi. Dès qu’ils me voient à la télé, ils m’en parlent et je sens qu’ils sont fiers. Ils savent que cette médaille olympique, c’est celle qui manque encore à mon palmarès et ils connaissent son importance pour moi. Mais en même temps, ils comprennent que je n’aime pas trop en parler. Cela ne sert à rien de rajouter du stress pour rien".

Et c’est peut-être là tout le secret de son succès. Cette fan de Michael Jackson et Beyonce, qui a d’abord commencé dans le hip-hop et le break dance, a les pieds sur terre. Elle a surtout conscience que sa carrière n’en est encore qu’à ses débuts, comme elle l’a souligné au magazine de l’Insep : "Ma mission est d’aller chercher l’or olympique et je me prépare avant tout pour donner le meilleur de moi même. Je sais que j’ai encore une grosse marge de progression et pour ma part, je me focalise d’abord sur les points qu’il me reste à améliorer sans penser au reste".
 

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