BRÉSIL

Visée par une nouvelle enquête, Dilma Rousseff clame son innocence dans une lettre

Dilma Rousseff a lu mardi 16 août 2016 à la population et aux sénateurs une lettre dans laquelle elle a clamé son innocence dans le cadre de la procédure de destitution la visant pour de présumés maquillages de comptes publics.
Dilma Rousseff a lu mardi 16 août 2016 à la population et aux sénateurs une lettre dans laquelle elle a clamé son innocence dans le cadre de la procédure de destitution la visant pour de présumés maquillages de comptes publics. Andressa Anholete, AFP

Dilma Rousseff a lu mardi une lettre devant la presse dans laquelle elle a clamé son innocence. Le tribunal suprême fédéral a, lui, autorisé l’ouverture d’une enquête sur des obstructions aux investigations contre l'ex-président Lula da Silva.

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"Je suis innocente." Dans une lettre lue devant la presse mardi 16 août puis postée sur les réseaux sociaux, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a appelé le Sénat à mettre fin à la procédure de destitution en reconnaissant son innocence.

Suspendue de ses fonctions de présidente depuis le 12 mai, elle a également promis de convoquer un référendum sur des élections anticipées si elle n'était pas destituée. Le jugement final de son procès en destitution commencera le 25 août, quatre jours après la fin des jeux Olympiques de Rio de Janeiro et devrait durer cinq jours.

>> À lire sur France 24 : "Destitution de Dilma Rousseff : une bataille politico-judiciaire qui s'annonce longue"

La Constitution brésilienne ne prévoit pas la possibilité d'élections anticipées en cours de mandat. Il faudrait donc pour les rendre possibles qu'un amendement à la Constitution soit adopté par les deux tiers du Parlement.

Dans sa lettre, la présidente reconnaît que des "erreurs ont été commises" par son gouvernement et affirme qu'elle accueille les dures critiques "avec humilité et détermination pour que nous puissions construire une nouvelle voie".

Obstruction aux investigations sur Lula

Parmi ces erreurs, il pourrait bien y avoir celle dont la soupçonne le Tribunal suprême fédéral (STF). Le parquet pense qu’elle pourrait avoir tenté de faire obstacle aux investigations contre son mentor et prédécesseur, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, dans le cadre du scandale de corruption Petrobras, en le nommant ministre dans son gouvernement en mars 2016.

Le 16 mars 2016, la présidente avait nommé Lula chef de cabinet (quasi Premier ministre), alors que celui-ci risquait une mise en examen et un éventuel placement en détention par le juge Sergio Moro, chargé de l'enquête sur le scandale Petrobras.

Une fois ministre, Lula gagnait une sorte d'immunité et ne pouvait plus répondre pénalement de ses actes que devant le Tribunal suprême, échappant ainsi au redouté juge Moro.

Le soir même de la nomination de Lula, par la suite paralysée par la justice, le juge Moro avait divulgué l'enregistrement d'une conversation téléphonique renforçant les soupçons d'une manœuvre pour protéger Lula. La présidente y disait à Lula qu'elle lui faisait parvenir immédiatement son décret de nomination pour qu'il s'en serve "en cas de nécessité".

Avec AFP
 

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