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Brûlures, viols, électrocutions : Amnesty dénonce la cruauté du régime syrien dans les prisons

Des forces de sécurité syriennes devant la prison de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 13 juillet 2015.
Des forces de sécurité syriennes devant la prison de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 13 juillet 2015. Youssef Karwashan, AFP

Amnesty dénonce, dans un rapport publié jeudi, le caractère systématique et délibéré de la torture dans les prisons syriennes, où près de 18 000 détenus ont trouvé la mort en cinq ans. L'ONG a recueilli 65 témoignages d'ex-prisonniers.

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"Ils nous traitaient comme des animaux. raconte Samer, un avocat, en parlant de ses anciens gardiens durant sa détention. J'ai vu le sang couler, on aurait dit un fleuve".

Comme Samer, des milliers de Syriens ont été victimes de sévices d’une cruauté extrême lors de leur détention en Syrie. Près de 18 000 détenus ont péri en cinq ans de guerre dans les prisons du régime syrien, affirme Amnesty international, jeudi 18 août, dans un nouveau rapport.

L’ONG a recueilli les témoignages de 65 ex-détenus qui ont croupi dans les prisons des services de renseignement du régime et dans la prison militaire de Saydnaya près de Damas. Les actes de torture y sont "généralisés et systématiques contre tous les civils soupçonnés d'être contre le régime", souligne le rapport de l'ONG.

>> À lire sur France 24 : "Syrie : Human Rights Watch détient des preuves 'accablantes' de crimes contre l’humanité"

Parmi les sévices pratiqués par les gardiens du régime syrien, de nombreux ex-détenus ont évoqué la sinistre "fête de bienvenue", durant laquelle les nouveaux prisonniers sont "roués de coups" au moyen de barres de fer, de plastique ou de câbles électriques.

"Un manque flagrant d'humanité"

Les témoignages recueillis évoquent d’autres violences régulières telles que des décharges électriques, des brûlures à l'eau bouillante et des viols.

Omar S. a raconté qu'un gardien avait contraint deux hommes à se déshabiller et avait ordonné à l'un de violer l'autre, le menaçant de mort s'il n'obtempérait pas.

Saïd, un militant antirégime, a affirmé avoir été violé, devant son père, à l'aide "d'une matraque électrique" en étant suspendu d'un seul bras et en ayant les yeux bandés.

Aux totures physiques s’ajoutent des mauvais traitements et des conditions de vie inhumaines. Amnesty rapporte, par exemple, le témoignage d’un ex-détenu qui raconte qu’un jour la ventilation avait cessé de fonctionner et que sept personnes étaient mortes étouffées dans des centres de détention surpeuplés.

Selon le rapport, à Saydnaya, où il fait très froid l'hiver, les détenus sont maintenus pendant des semaines dans des cellules souterraines sans couverture.

"Le caractère systématique et délibéré de la torture et des autres mauvais traitements à la prison de Saydnaya témoigne d'une cruauté sous sa forme la plus vile et d'un manque flagrant d'humanité", dénonce Philip Luther, directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty.

La guerre en Syrie, déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus de 290 000 morts.

Avec AFP
 

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