JO-2016

JO-2016 : deux nageurs américains débarqués de l’avion pour des "incohérences" de témoignages

Les nageurs Gunnar Bentz (G) et Jack Conger quittent le commissariat de police de l'aéroport de Rio, mercredi 17 août 2016.
Les nageurs Gunnar Bentz (G) et Jack Conger quittent le commissariat de police de l'aéroport de Rio, mercredi 17 août 2016. Tasso Marcelo, AFP

Deux nageurs américains, qui prétendent avoir été agressés le week-end dernier à Rio, ont été débarqués de leur avion en partance pour les États-Unis mercredi soir. Une juge a relevé des "incohérences" dans leurs témoignages.

Publicité

Les nageurs américains Jack Conger et Gunnar Bentz n’ont pas encore pu rejoindre les États-Unis. Ils ont été débarqués de leur avion mercredi 17 août à Rio, alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le Brésil. Les deux hommes étaient convoqués, jeudi matin, dans les locaux du département tourisme de la police de Rio.

Les deux athlètes doivent s’expliquer sur l’agression dont ils disent avoir été victimes dans la nuit de samedi à dimanche.

Dimanche soir, Ryan Lochte, six fois médaillé d'or olympique durant sa carrière, a raconté à la télévision américaine NBC avoir été braqué, avec trois autres nageurs américains, à l'aide d'une arme à feu par des faux policiers à l'aube à Rio.

De retour d'une fête au Club France, dans la zone sud huppée de Rio où les athlètes français célèbrent leurs médailles, Gunnar Bentz, Jack Conger, James Feigen et lui-même auraient vu leur taxi stoppé par des faux policiers, raconte-t-il. Alors qu'il ignorait les ordres d'un des braqueurs, qui lui demandait de s'étendre au sol, "le type a sorti son arme, l'a enclenchée, l'a braquée sur mon front et a dit ‘baisse-toi’", relate Lochte, 32 ans.

"Incohérences" dans les témoignages

La suite est confuse car le Comité international olympique (CIO) dément dans un premier temps l'information, assurant avoir consulté le Comité olympique américain (USOC). Mais un porte-parole, Patrick Sandusky, confirme ensuite l'agression.

Pour la juge en charge de l’affaire, Keyla Blank, les témoignages des nageurs comportent des "incohérences". En se basant sur des images enregistrées par les caméras de sécurité à leur retour au Village olympique, la magistrate souligne notamment que "les victimes sont rentrées physiquement et mentalement en pleine forme, au point de plaisanter entre eux".

Selon plusieurs médias, Feigen se trouve toujours au Brésil. La juge avait ordonné la confiscation de son passeport, ainsi que celui de Ryan Lochte pour les empêcher de quitter le pays. "Ils n'ont donc pas le droit de quitter le territoire", selon un communiqué officiel. L'avocat de Ryan Lochte a, quant à lui, affirmé à la presse américaine que le nageur était déjà parti, mais la police de Rio n'a pas confirmé.

"La police locale est arrivée au Village olympique ce matin [mercredi] et a demandé à rencontrer Ryan Lochte et James Feigen pour confisquer leur passeport afin de les faire témoigner de nouveau", a expliqué Patrick Sandusky.

"L'équipe de natation a quitté le Village après la fin de la compétition, nous n'étions donc pas en mesure de convoquer les athlètes", a-t-il ajouté.

À Washington, le département d'État a invoqué la stricte législation américaine sur la protection de la vie privée pour ne pas s'étendre sur cette affaire.

Un porte-parole, Mark Toner, a toutefois souligné que les États-Unis "encourageaient toutes les parties à coopérer avec les autorités brésiliennes chargées de faire appliquer la loi dans leur enquête sur cet incident".

Avec AFP
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine