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Vidéo : les déchets toxiques du cargo Probo-Koala polluent encore la Côte d’Ivoire dix ans après

Les victimes ivoiriennes du Probo Koala dénoncent une dépollution incomplète des sites, le 19 août 2016.
Les victimes ivoiriennes du Probo Koala dénoncent une dépollution incomplète des sites, le 19 août 2016. Capture écran France 24

Dix ans après le déversement de déchets toxiques par le cargo-poubelle Probo Koala en Côte d'Ivoire, la lumière n'a toujours pas été faite sur les responsabilités dans cette affaire. Les victimes se plaignent d'une dépollution inachevée. Reportage.

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La dépollution des sites d'Abidjan contaminés en 2006 par un déversement de déchets toxiques issus du cargo Probo Koala "n'est pas complète", ont dénoncé vendredi 19 août des associations de victimes en Côte d’Ivoire, dix ans après le scandale écologique. Le 18 août 2006, l’épanchement de ces résidus toxiques avait causé la mort de 17 personnes et provoqué près de 100 000 intoxications, selon la justice ivoirienne.

Les déchets avaient été déversés dans 18 sites, dont celui d’Akouedo, où vit Edouard, rencontré par les correspondants de France 24 Anna Sylvestre-Treiner et Arnaud Froger. Aujourd'hui, ils ont été enlevés, mais pour Edouard, le poison est toujours là. "Quand il pleut, on sent encore la présence des déchets toxiques, donc cela veut dire que les plants sont contaminés puisque les plantes puisent dans la terre les aliments nécessaires pour leur croissance. On ne sait pas quel est le degré de radiation. Et c'est tous ces produits qui sont déversés sur le marché public", a-t-il déploré.

Devant le danger sanitaire que représente la présence de ces résidus toxiques, la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques a réclamé la mise sur pied "d'une contre-expertise sur la dépollution". "Nous exigeons la dépollution totale et entière de la nappe phréatique contaminée par la boue toxique", a déclaré Claude Gohourou, le président cette association, demandant à la multinationale Trafigura, affréteur du cargo Probo Koala, "de respecter ses engagements sur l'enlèvement total et complet des boues toxiques". De son côté, l'Union nationale des associations des victimes des déchets toxiques de Côte d'Ivoire (UNAVDTCI) a souligné le "flou sur la dépollution effective des sites de déversement".

Soupçons de corruption

L'indemnisation des victimes est au cœur des discussions entre les associations et Trafigura depuis dix ans. La multinationale spécialisée dans le courtage pétrolier a toujours nié toute responsabilité et n'a jamais été condamnée pour le déversement. Aucun dirigeant de la compagnie dirigée par deux Français à l’époque et dont le centre opérationnel est basé à Londres, n’a été mis en cause par la Côte d’Ivoire, où un arrangement pécuniaire avait été trouvé en février 2007 pour éviter toute action en justice. En contrepartie, Trafigura devait verser une indemnisation globale de plus de 100 milliards de francs CFA (152 millions d'euros).

"Une décennie après, le convoyeur de la boue toxique est toujours en fuite", accuse pourtant Denis Yao Pipira, président de l'UNAVDTCI. "L'histoire se résume en quelques lignes. Il s'agit d'une multinationale puissante qui a décidé de faire de la terre ivoirienne son dépotoir, rien que pour économiser des milliers d'euros. Ils ont choisi le crime pour l'argent" a-t-il dénoncé auprès de France 24. "Les pseudo-indemnisations arrachées à la compagnie Trafigura se font sur la base d'arrangements fantoches et jamais à la suite d'une condamnation judiciaire", a-t-il déploré.

Procédure judiciaire à Londres

Un tribunal de Londres a condamné le 17 juin le cabinet Leigh Day, en charge de la transaction financière, à dédommager les 4 752 victimes qui ont été privées de leur compensation. Les victimes avaient déposé une plainte le 27 août 2014 auprès de la Haute Cour de justice de Londres contre ce cabinet, selon l'accord d'indemnisation signé en 2009 à Londres avec la multinationale.

Chaque plaignant devait recevoir 750 000 francs CFA (1 150 euros), selon l'accord. Toutefois, les fonds n'ont pas été versés à toutes les victimes. Une nouvelle date d'audience sera fixée pour l'évaluation du montant des dommages et intérêts. Elle devrait se tenir courant octobre 2016, selon les associations des victimes.

Avec AFP

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