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Mausolées de Tombouctou : ouverture du procès d'un jihadiste malien devant la CPI

Quatorze édifices religieux avaient été détruits à Tombouctou en 2012 par les groupes jihadistes.
Quatorze édifices religieux avaient été détruits à Tombouctou en 2012 par les groupes jihadistes. Robin Van Lonkhuijsen / ANP / AFP

Le procès du Touareg malien Ahmad al-Faqi al-Mahdi, accusé d'avoir ordonné la destruction de mausolées à Tombouctou, s'est ouvert lundi devant la Cour pénale internationale à La Haye. Il a décidé de plaider coupable de crime de guerre.

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Un jihadiste malien a décidé de plaider coupable, lundi 22 août, devant la Cour pénale internationale de La Haye (CPI), de la destruction de mausolées classés au Patrimoine mondial de l'humanité à Tombouctou.

Le Touareg Ahmad al-Faqi al-Mahdi est accusé d'avoir "dirigé intentionnellement des attaques" contre neuf des mausolées de Tombouctou et contre la porte de la mosquée Sidi Yahia, entre le 30 juin et le 11 juillet 2012.

L'audience s'est ouverte à 9 h et devrait durer "environ" une semaine, ont indiqué les juges. Le jugement et la condamnation suivront à une date ultérieure. L'accusé encourt une peine de 30 ans maximum.

"Je demande leur pardon et je leur demande de me considérer comme un fils ayant égaré son chemin", a-t-il déclaré après avoir dévoilé son intention de plaider coupable de crime de guerre.

Les experts espèrent que ce procès historique, le premier pour ce type de crime, enverra un "message fort" contre le pillage et la destruction de patrimoine culturel à travers le monde.

"Les racines et l'âme des peuples"

En tant que chef de la Hisbah, la brigade islamique des mœurs, le jihadiste présumé aurait ordonné et participé aux attaques contre les mausolées, détruits à coups de pioche, de houe et de burin. Depuis, l'Unesco a restauré les 14 édifices détruits, qui se trouvent à 1 000 kilomètres au nord-est de la capitale malienne Bamako.

"Attaquer et détruire les sites et les symboles culturels et religieux de communautés est une agression sur leur histoire", a affirmé à l'AFP la procureure Fatou Bensouda : "Aucune personne ayant détruit ce qui incarne l'âme et les racines d'un peuple ne devrait pouvoir échapper à la justice".

Présenté comme un "homme intelligent, raisonnable, un intellectuel", l'accusé veut plaider coupable car il est "un musulman qui croit en la justice", a assuré son avocat, Mohamed Aouini, lors d'une audience en juin.

Il veut également "demander pardon aux habitants de Tombouctou et au peuple malien", avait ajouté l'avocat.

L'accusation affirme que cet homme aux petites lunettes était un membre d'Ansar Dine, qui fait partie des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui ont contrôlé le nord du Mali pendant environ dix mois en 2012, avant d'être en grande partie chassés par une intervention internationale déclenchée par la France en janvier 2013.

Un "Shérif" islamique

Versé depuis son plus jeune âge dans l'étude du Coran, cet ancien directeur d'école, né vers 1975, est décrit dans la région comme un homme réservé devenu le "shérif de la ville", intransigeant sur les principes et prônant l'application de la charia.

Les personnages vénérés enterrés dans les mausolées valent à Tombouctou son surnom de "Cité des 333 saints" qui, selon des experts maliens de l'islam, sont considérés comme les protecteurs de la ville, susceptibles d'être sollicités pour des mariages, pour implorer la pluie ou lutter contre la disette.

Ce sont ces rites, contraires à leur vision rigoriste de l'islam, que les jihadistes ont tenté d'éradiquer, avant d'en venir à la destruction des mausolées, selon l'accusation.

Si les ONG se félicitent de la tenue de ce procès "symbolique", elles appellent néanmoins Fatou Bensouda "à continuer ses enquêtes sur les autres crimes qui ont été perpétrés", a affirmé à l'AFP le secrétaire général de l'Association malienne des droits de l'Homme, Bakary Camara, venu à La Haye pour assister aux audiences.

"Les femmes des régions du Nord ont souffert des mariages forcés, des viols, perpétrés par les jihadistes", a-t-il ajouté, assurant également : "Tout le Mali est impatient pour le résultat de ce procès".

Avec AFP

 

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