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Google, Apple, Microsoft ou encore Comcast font équipe contre les arnaques des robots d’appels

Depuis plusieurs mois, Tom Wheeler, président de la FCC, appele les grands noms des télécoms à lutter contre le "fléau" des arnaques des appels automatiques.
Depuis plusieurs mois, Tom Wheeler, président de la FCC, appele les grands noms des télécoms à lutter contre le "fléau" des arnaques des appels automatiques. Bloomberg, Getty Images

À l'appel de Tom Wheeler, président de la FCC des États-Unis, Google, Apple, Microsoft et d'autres noms de l'industrie des télécommunications vont s'associer pour lutter contre le fléau des arnaques commises par des robots d'appels téléphoniques.

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Le téléphone sonne. Au bout, une voix féminine apeurée nous presse : "Salut ! J'ai un problème, je n'ai pas beaucoup de réseau… Tu peux m'aid…." La conversation se coupe brutalement. Ni une, ni deux, vous rappelez la jeune demoiselle en détresse. Mauvaise idée, vous venez de vous faire avoir par une arnaque au numéro surtaxé orchestrée par un robot d'appel. Et les modes opératoires sont très divers, le robot peut se faire passer pour une administration, une banque, une entreprise... et à la fin, c'est notre porte-monnaie qui trinque.

Ces arnaques au robot d'appel sont désormais prises au sérieux par l'industrie de la tech et des télécommunications. Apple, Alphabet (la maison-mère de Google), Comcast, Verizon, Microsoft et Samsung ont décidé de prendre le problème à bras le corps et de s'associer à la commission fédérale des communications (FCC) américaine pour monter une "Robocall Strike Force" qui aura à charge d'abattre ces pratiques frauduleuses. Elle s'est réunie pour la première fois vendredi 19 août.

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Tom Wheeler, le président du FCC n'a pas mâché ses mots : "Les méchants sont en train de battre les gens grâce à la technologie, en grande partie à cause de l'inaction de l'industrie."

"Les Américains en ont assez", a déclaré Wheeler. " Ces appels automatiques sont un fléau. C'est le motif de plainte le plus fréquent pour les clients." 200 000 plaintes sont déposées chaque année aux États-Unis, ce qui est énorme si on considère qu'une toute petite proportion des victimes porte plainte dans ce genre d'arnaques.

Selon Android Authority, la première réunion de la "strike force" n'a abouti à rien de concret mais ils ont convenu d'un délai de 60 jours pour proposer des solutions concrètes au problème. Ils se réuniront de nouveau le 19 octobre de 2016 pour lancer leurs initiatives.

Carte blanche pour l'industrie

Jusqu'ici, les grands noms de la tech se cachaient derrière les dangers que représentait le blocage de ces appels. Dans une variante de l'adage, "il vaut mieux dix coupables en liberté qu'un innocent en prison", Randall Stephenson, le président de AT&T, le plus grand fournisseur de services téléphoniques locaux aux États-Unis, avait déclaré en juin dernier que le blocage des appels frauduleux était trop risqué car un véritable appel automatique urgent pourrait se glisser dans le lot. Il réclamait l'appui de la FCC pour pouvoir envisager des solutions.

Désormais, Randall Stephenson est le président de la "strike force". On peut donc y voir une carte blanche de la part des autorités américaines pour résoudre le problème.

Quelles solutions ?

Les premières pistes évoquées dans la réunion sont l'intensification des vérifications de l'identité des appelants ainsi que la création d'une liste de numéros suspects qui seraient clairement notifiés à l'utilisateur rendant ainsi beaucoup plus difficile pour les arnaqueurs de se faire passer pour des institutions, des banques ou des entreprises.

Le magazine spécialisé des nouvelles technologies Wired a demandé son avis à Aaron Foss, fondateur de l'entreprise Nomorobo qui combat les appels automatiques de robots depuis plusieurs années. Il revendique bloquer quotidiennement 700 000 appels frauduleux pour ses clients. Et il a expliqué les méthodes de son entreprise.

Nomorobo utilise depuis plusieurs années le principe d'une liste noire et d'une liste blanche. La première correspond à l'ensemble des robots d'appel identifiés par l'entreprise. À chaque fois que l'un deux tente de joindre un client de Nomorobo, celui-ci est informé de la malveillance probable de l'appel et peut simplement l'ignorer. La liste blanche quant à elle identifie les numéros d'urgences vérifiés. Et selon, Aaron Foss c'est plutôt fiable. Il affirme que son entreprise enregistre moins d'1 % de faux positifs.

Malgré son expérience dans la lutte contre les robots d'appels, Aaron Fuss n'a pas été convié à la réunion des grands noms de l'industrie. Fair-play, il souhaite tout de même bonne chance à la "strike force" qui risque pourtant de rendre son entreprise obsolète : "J'ai toujours dit que si je faisais ça bien, je finirais par détruire mon propre travail." 

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