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Pour obtenir un "juste prix", les producteurs de lait protestent devant une usine Lactalis

Environ 400 personnes se sont rassemblées à Laval, en Mayenne, devant le siège de l'entreprise Lactalis.
Environ 400 personnes se sont rassemblées à Laval, en Mayenne, devant le siège de l'entreprise Lactalis. Jean-François Monier, AFP

Près de 400 agriculteurs bloquent une route menant à l'usine Lactalis près de Laval, bien décidés à prolonger leur action sur plusieurs jours pour obtenir un "juste prix" du lait auprès du numéro un mondial des produits laitiers.

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Environ 400 producteurs de lait se sont rassemblés dans la soirée du lundi 22 août à Laval, en Mayenne (ouest), devant le siège de l'entreprise Lactalis qu'ils accusent de tirer les prix vers le bas et de mettre en péril l'avenir des producteurs.

Le message est clair : "Aucun camion Lactalis ne sortira de l'usine tant que nous n'avons pas été entendus", a ainsi lancé Philippe Jehan, président des Fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de Mayenne, devant un parterre d'agriculteurs venus de l'Ouest. Le responsable syndical a également menacé d'aller "retirer (des rayons) des grandes surfaces les produits Lactalis".

Les syndicats reprochent à la société d'être "le groupe laitier qui paie le moins cher en Europe". Selon les organisations syndicales, le prix de 256 euros les 1 000 litres de lait payé actuellement par Lactalis à ses producteurs est de dix à trente euros inférieur à ce que paient ses principaux concurrents. Ce mois-ci, le prix pratiqué par Lactalis est de 256 euros la tonne. Il était de 363 euros en juillet 2014.

Lactalis, qui met en avant une "crise de surproduction", s'est dit prêt à recevoir les organisations de producteurs pour discuter avec elles des prix du lait, a assuré sur France Inter Michel Nalet, porte-parole du groupe. "Le groupe est tout à fait conscient des difficultés que les producteurs rencontrent aujourd'hui", a-t-il déclaré. Mais "ce n'est pas parce que l'entreprise (...) se porte bien et (...) se développe que nous pouvons nous exonérer de la réalité de notre marché", très concurrentiel, a-t-il ajouté.

Michel Nalet a précisé que des réunions avec les organisations de producteurs travaillant avec le groupe étaient déjà prévues. Le groupe est ouvert à la discussion avec ces organisations mais dénonce leurs méthodes, a-t-il ajouté.

Une médiation du gouvernement

Face à ce bras de fer, le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a lancé un appel au dialogue sur le prix du lait. "J'appelle les parties, donc Lactalis et les producteurs, à ouvrir le dialogue", a-t-il déclaré lors du compte-rendu du conseil des ministres de rentrée.

"Le gouvernement est prêt à être en médiation et à aider à débloquer cette situation", a-t-il ajouté. "Si c'est nécessaire, le médiateur qui a déjà travaillé en 2014 sur la question de la filière laitière et des prix est à disposition des parties pour (...) retrouver les voies du dialogue."

Le ministre de l'Agriculture a précisé qu'il présenterait "dans les jours qui viennent" un plan général portant sur "la mise en œuvre des mesures européennes de maîtrise de la production laitière" obtenues par la France, ainsi que sur la production bovine et la production céréalière.

Avec AFP et Reuters

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