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Daisy Coleman, adolescente américaine violée défendue par les Anonymous, raconte son histoire à Netflix

Daisy Coleman, adolescente violée défendue par les Anonymous, raconte son histoire dans le documentaire "Audrie & Daisy", en ligne sur Netflix le 23 septembre 2016.
Daisy Coleman, adolescente violée défendue par les Anonymous, raconte son histoire dans le documentaire "Audrie & Daisy", en ligne sur Netflix le 23 septembre 2016. Netflix

En 2012, Audrie Pott et Daisy Coleman ont été violées par des adolescents de leur âge, avant de subir un horrible harcèlement en ligne. Netflix raconte leur histoire dans le documentaire "Audrie & Daisy".

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Après avoir mis les projecteurs sur le parcours judiciaire sans fin de Steven Avery dans la série réalité "Making a murderer", Netflix s’intéresse à deux affaires sordides d’agressions sexuelles sur des mineures survenues dans deux petites villes des États-Unis, avec le documentaire "Audrie & Daisy" diffusé le 23 septembre prochain sur la plateforme de VOD.

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Si Audrie Pott, 15 ans, s’est suicidée huit jours après avoir été violée et après que ses agresseurs ont fait circuler "au moins une photo" de la nuit drame par mails et messages à tous ses camarades du lycée de Staratoga (Californie), Daisy Coleman a survécu et elle a accepté de témoigner dans ce documentaire original produit par Netflix.

Tout commence au matin du 9 janvier 2012, lorsque Melinda Coleman retrouve sa fille Daisy à moitié inconsciente et allongée devant sa maison de Maryville (Missouri) en culotte et t-shirt, alors que la température approche de 0 degré. "Elle gisait sur le terrain et ses cheveux étaient gelés sur le sol", raconte la mère à Netflix. De sa soirée de la veille, l’adolescente de 14 ans se souvient simplement avoir bu un verre avec des amis dans la cave de la maison de Matthew Barnett, joueur de football de 17 ans et petit-fils d’un ancien député Républicain.

"Matthew 1 Daisy 0"

Mais lorsque sa mère voit les traces rouges autour des parties génitales de sa fille, elle prévient immédiatement la police. D’après le rapport du bureau du shérif de Nodaway, que s’est procuré le journal local The Kansas City Star, Matthew Barnett "a admis avoir eu une relation sexuelle avec Daisy et savoir qu’elle avait bu. Mais il a insisté sur le fait que leur relation était consentie". Son acolyte Jordan Zech confie lui avoir filmé la scène avec un téléphone portable.

Pourtant deux mois plus tard, Melinda Coleman apprend par un coup de fil que les plaintes pour agression sexuelle contre Matthew Barnett et pour exploitation sexuelle contre Jordan Zech ont été rejetées. Daisy Coleman, ses frères et sœurs, et sa mère sont alors victime de harcèlement sur Twitter, Facebook, et dans leur vie quotidienne. Lors d’un concours de danse, Melinda Coleman assure à The Kansas City Star avoir vu une fille porter un t-shirt "Matthew 1 Daisy 0". La famille quitte la ville quelques mois avant que sa maison de Maryville ne soit brûlée.

Les Anonymous s'en mêlent

L’affaire aurait pu en rester là. Mais à l’automne 2013, des Anonymous contactent la mère de Daisy Coleman avec une seule idée en tête : forcer la justice à rouvrir l’enquête. "Personne n’avait été condamné alors qu’il existait des preuves filmées", raconte un an plus tard un membre du groupe au journal suisse Le Temps. "Nous avons réuni 5 à 10 membres d’Anonymous via Twitter et créé une chatroom sécurisée par un mot de passe pour pouvoir discuter et planifier l’opération à l’abri des yeux indiscrets".

Le 13 octobre 2013, les Anonymous postent une vidéo sur YouTube et créent une page Facebook qui rend public le nom du violeur présumé. "Nous exigeons l’ouverture immédiate d’une enquête sur la façon dont les autorités locales ont traité le cas de Daisy. Nous voulons savoir pourquoi les suspects ont été libérés. Nous voulons savoir pourquoi ils n’ont pas été jugés. Et surtout, nous nous demandons comment les habitants de Maryville font pour dormir la nuit. Nous sommes Anonymous. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas".

"Une série qui va provoquer des débats"

"C’est venu sur les réseaux sociaux. C’est là que ça a viré au brasier", annonce la voix off du documentaire. Le nom et le numéro de téléphone du procureur chargé de l’affaire sont publiés en ligne, les hashtags #Justice4Daisy et #OpMaryville sont lancées et un rassemblement est organisé devant le palais de justice du comté de Nowaday. Les médias nationaux et internationaux ont vent de l'affaire et relaient l'histoire de Daisy Coleman. 

Le 15 octobre 2013, le gouverneur adjoint Peter Kinder demande officiellement la réouverture du dossier devant un grand jury "pour passer en revue toutes les preuves, écouter tous les témoins et aboutir à une décision" qui n’entachera pas "la réputation du Missouri à pouvoir rendre une justice impartiale pour tous".

Le 9 janvier 2014, deux ans après la nuit du drame et tandis que Daisy Coleman est hospitalisée après une troisième tentative de suicide, Matthew Barnett est finalement condamné à deux ans de prison avec sursis pour mise en danger de la vie d’une mineure, mais n’est pas accusé de viol.

The Guardian, qui a vu "Audrie & Daisy" en avant-première lors du festival de Sundance, promet "une série qui va provoquer des débats dans tout le pays". Et sans doute au-delà des frontières des États-Unis.

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