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Après 52 ans de guerre, Bogota et les Farc concluent un accord de paix historique

L'accord devra être soumis à l'approbation des Colombiens lors d'un référendum prévu le dimanche 2 octobre.
L'accord devra être soumis à l'approbation des Colombiens lors d'un référendum prévu le dimanche 2 octobre. Guillermo Legaria, AFP

Au terme de quatre ans de pourparlers engagés à La Havane, le gouvernement colombien et les rebelles marxistes des Farc, en lutte depuis 1964, ont annoncé mercredi la conclusion d'un accord de paix définitif.

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C'est le plus ancien conflit du continent américain qui prend fin en Colombie. Au terme de près de quatre années de négociations, le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont scellé, mercredi 24 août à Cuba, un accord de paix historique, visant à mettre un terme définitif à un conflit armé de 52 ans.

Les parties se sont entendues sur "un accord final, intégral et définitif" qui devra être avalisé par référendum - ou plus exactement par plébiscite, selon le terme employé en Colombie - le 2 octobre prochain.

Depuis Bogota, le président colombien Juan Manuel Santos s'est félicité avec "une profonde émotion, une grande joie" de la conclusion de l'accord et a salué la fin de "la tragédie de la guerre". "Colombiens, la décision est entre vos mains", a-t-il déclaré, assurant à ses compatriotes que le référendum serait le vote "le plus important" de leur vie.

Le "oui" devrait l'emporter

Les Colombiens voteront sans doute "oui", à en croire la plupart des sondages d'opinion, mais le président devra faire campagne pour convaincre, compte tenu du refus de certaines parties de la société qui estiment que la seule solution est d'écraser les Farc militairement. Les deux prédécesseurs de Juan Manuel Santos, Andrés Pastrana et Alvaro Uribe, y sont notamment opposés.

Toutefois, même si cette paix se concrétise, elle ne signifiera pas pour autant la fin immédiate du conflit en Colombie, où la seconde guérilla du pays, l'Armée de libération nationale (ELN) et les bandes criminelles continuent de défier le gouvernement. Mais l'espoir est permis avec ces avancées cruciales, conjuguées à l'annonce en mars de futurs pourparlers de paix entre Bogota et l'ELN.

"Le combat des armes a pris fin, et commence celui des idées"

Peu après l'annonce de l’accord, le chef négociateur et numéro deux des Farc Ivan Marquez, a évoqué la future transformation de la guérilla marxiste en mouvement politique. "On peut maintenant proclamer que le combat des armes a pris fin, et commence celui des idées", a-t-il annoncé.

Selon le protocole établi, le désarmement des Farc devra être bouclé en 180 jours. Les deux parties se sont aussi mises d'accord sur la façon de juger les militaires et rebelles accusés des crimes les plus graves pendant un conflit qui a officiellement fait quelque 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés. Une amnistie est prévue pour ceux ayant commis des actes moins graves comme la rébellion ou le port illégal d'armes.

À Washington, la Maison Blanche a annoncé que le président Barack Obama avait appelé son homologue colombien pour le féliciter en ce "jour historique". Les États-Unis financent depuis février un plan de paix de 450 millions de dollars en Colombie.

Quatrième tentative de paix depuis le début du plus ancien conflit du continent américain, en 1964, ce processus a failli achopper à plusieurs reprises. Mais un dénouement favorable était attendu depuis le 23 juin 2016, lorsque la guérilla marxiste et le gouvernement ont conclu un accord portant sur un cessez-le-feu bilatéral et définitif et sur le désarmement des Farc.

Au cours des mois ayant précédé cet accord obtenu grâce aux médiateurs cubains et norvégiens, les affrontements avaient été contenus à un niveau jamais atteint depuis des décennies, notamment à la faveur d'un cessez-le-feu unilatéral observé par les Farc depuis juillet 2015.

Une fois l'accord de paix final validé, la rébellion doit commencer à réunir ses troupes pour les désarmer. Le cessez-le-feu devra être contrôlé par un mécanisme tripartite comprenant le gouvernement, les Farc et une mission de l'ONU.

Avec AFP et Reuters

 

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