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Juppé opposé à une loi de "circonstance" interdisant le burkini

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, s'est dit contre une loi anti-birkini en France.
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, s'est dit contre une loi anti-birkini en France. Dominique Faget, AFP

Opposé à Nicolas Sarkozy sur les questions liées à l'islam et l'immigration, le candidat à la primaire de la droite, Alain Juppé, s'est prononcé vendredi contre une loi interdisant le burkini, tout en appelant à "ne pas jeter de l'huile sur le feu".

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Alain Juppé s'est fermement opposé à  Nicolas Sarkozy, son rival pour la primaire de la droite, sur les questions liées à l'immigration et à l'islam dans un entretien publié vendredi 26 août sur le Figaro.fr.

>> À lire sur France 24 : "Identité heureuse ou malheureuse : la place des musulmans en France au cœur de la primaire de la droite"

Suite à la décision du Conseil d'État de suspendre l'arrêté prohibant le port de vêtement religieux sur les plages de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), Alain Juppé a pris le contre-pied de Nicolas Sarkozy, qui milite pour une interdiction pure et simple du burkini dans l'Hexagone. L'ex-Premier ministre s'est dit fermement opposé à toute loi "de circonstance" exigée "au fil des polémiques médiatiques". "Aujourd'hui, dans l'état de tension et de souffrance dans lequel se trouve la société française, nous serions tous bien inspirés d'arrêter de jeter de l'huile sur le feu", a estimé le maire de Bordeaux.

Contre l’interdiction du voile à l’université

De même, Alain Juppé s'était déclaré contre l'interdiction du voile à l'université prônée par Nicolas Sarkozy, alors président de Les Républicains (LR) et pas encore candidat à la primaire des 20 et 27 novembre 2016.

"La question du port de signes religieux ostentatoires est importante, notamment en ce qu'elle peut constituer pour la femme une forme d'enfermement", a expliqué le maire de Bordeaux au Figaro. "Il faudra l'aborder clairement, comme je le propose, dans un accord global entre l'État et les représentants du culte musulman", a-t-il poursuivi. "La République doit engager un dialogue avec nos compatriotes musulmans pour fixer les règles du jeu dans un accord solennel sur les principes de la laïcité", qui comprendra "une charte de la laïcité".

À la question avec qui négocier cet accord, il répond : "C'est le problème". "La représentativité du Conseil français du culte musulman est parfois contestée (...) Il faut qu'il soit vraiment représentatif des musulmans de France, sans connexion avec des États étrangers, ce qui suppose que nos compatriotes musulmans prennent leurs responsabilités pour s'organiser", explique-t-il. "Ce n'est pas les culpabiliser ni les stigmatiser de dire cela", ajoute-t-il.

"Des comportements de prosélytisme proches de la provocation"

Dans son entretien, Alain Juppé réfute avoir jamais parlé "d'accommodements raisonnables", un concept venu du Canada et contesté par les tenants d'une laïcité offensive.

"Je le dis à nos compatriotes musulmans : on note aujourd'hui dans cette religion un durcissement, un retour à ce que certains considèrent comme la rigueur originelle, qui peut aboutir à des comportements de prosélytisme proches de la provocation. Il faut calmer le jeu d'un côté comme de l'autre", ajoute le maire de Bordeaux.

Enfin, alors que Nicolas Sarkozy propose de suspendre le regroupement familial en cas d'alternance en 2017, l'ex-Premier ministre juge cette attitude "pas humaine". "Je pense qu'il faut le maintenir à condition que la personne qui souhaite faire venir sa famille puisse justifier d'un revenu du travail", explique l'édile.

Avec AFP et Reuters

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