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La créatrice du burkini "choquée" par la polémique en France

Aheda Zanetti, la créatrice austalienne du burkini.
Aheda Zanetti, la créatrice austalienne du burkini. Saeed Khan, AFP

Alors que le Conseil d’État a suspendu vendredi un arrêté anti-burkini, la créatrice de mode australienne qui a créé la tenue en 2004, a expliqué à France 24 qu’elle a conçu ce vêtement dans un souci d’intégration des femmes musulmanes.

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La suspension, vendredi 26 août, par le Conseil d’Etat d'un arrêté anti-burkini fait suite à plusieurs semaines de polémique dans l'Hexagone sur le sujet. Dans ce contexte, France 24 a interviewé la styliste Aheda Zanetti, l’Australienne à l’origine du burkini.

France 24 : Cela peut paraître surprenant qu’une femme soit à l’origine du burkini. Quand l’avez-vous créé et quelle était votre intention ?

Aheda Zanetti. J’ai créé ce vêtement en 2004… pour l’intégration. L’idée était de faire un maillot de bain destiné à une fille ou une femme musulmane ou pour quiconque souhaitant être pudique. Nous avons enlevé le voile pour le remplacer par une capuche. Je me suis dit que cela donnerait un style vestimentaire occidental… mais qui ne transige pas avec la pudeur. Je pensais sincèrement que cela comblerait ma communauté. Je me disais qu’il y avait un marché : il n’y avait rien de satisfaisant pour les filles ou les femmes qui participaient à des activités sportives dans l’eau. Je voulais leur proposer quelque chose pour profiter de ce mode de vie australien et du fitness.

Je ne crois pas que la religion devrait faire partie du sport, mais en même temps on ne voulait pas transiger avec la pudeur. Et la pudeur n’est pas un gros mot. Beaucoup de gens ont besoin de cette pudeur pour plein d’autres raisons que la religion : cela peut être les personnes qui souffrent d’un cancer de la peau, les femmes à la peau très blanche qui ne peuvent pas s’exposer au soleil ou qui ne veulent tout simplement plus porter de bikini à cause de l’âge, de leur poids ou à cause de n’importe quoi. Le mot pudeur n’est pas à la mode mais je veux le remettre d’actualité : on peut être à la mode, sportive… et pudique.

Vous parlez de pudeur mais certains hommes politiques français disent que c’est une oppression de la femme…

Je ne comprends pas ce point de vue. Quand je choisis la pudeur, c’est ma propre décision. Je suis née musulmane mais j’ai choisi de rester musulmane. De nombreuses musulmanes ne portent pas le hijab et ne font pas ce choix de la pudeur. Mais elles n’en sont pas moins musulmanes pour autant. C’est un choix qui leur appartient, comme mon choix d’être pudique m’appartient. Et l’appartenance à telle ou telle religion n’a pas d’importance.

Ici, en France, le sujet est allé jusque devant le Conseil d’Etat. Est-ce que cela vous surprend ?

Oui, cela me surprend vraiment. Jamais je n’aurais imaginé que des hommes politiques débattraient et légiféreraient là-dessus… C’est un maillot de bain bon sang, c’est tout ce que c’est ! C’est un maillot de bain pour rendre les gens heureux et en forme. Quand on parle de vêtements de natation, les mots qui viennent automatiquement à l’esprit sont "liberté", "bonheur", "fitness", "eau", "soleil", on ne parle pas de "politique", de "haine", de "terrorisme", d’"obsession". Alors oui, je suis surprise et même choquée.

>> À lire sur France 24 : "Burkini à Nice – la Madeleine entre désapprobation et bravade"

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