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À Chatou, les sympathisants d'Alain Juppé le jugent "plus sérieux et plus humain"

Des partisans du candidat à la primaire de la droite, Alain Juppé, lors de son premier meeting à Chatou, le 27 août 2016.
Des partisans du candidat à la primaire de la droite, Alain Juppé, lors de son premier meeting à Chatou, le 27 août 2016. AFP

Favori des sondages pour la primaire présidentielle à droite, Alain Juppé donnait, samedi à Chatou, en Île-de-France, son premier meeting de campagne. Parmi les quelque 1 500 participants, des déçus de Sarkozy et de Hollande. Reportage.

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"Vous avez votre code barre ?" Sur l’île des Impressionistes de Chatou, en banlieue parisienne, l’équipe de campagne du candidat à la primaire de la droite Alain Juppé accueille "les invités au village". Dans le parc en plein soleil, des toiles blanches ont été dressées pour faire un peu d’ombre. Pour le reste, des fanions aux goodies, trois couleurs dominent : du bleu, du blanc et du rouge.

En cette fin de matinée du samedi 27 août, Benoît, 42 ans, en lunettes de soleil, tongs, et tee shirt bleu marqué du slogan "AJ ! 2017", sort d’un atelier "éducation". Le sujet l’intéresse car il a des enfants en bas âge et c’est l’un des aspects du projet de l'ancien Premier ministre qui le séduit. "Il veut mettre le paquet dès la maternelle", soutient cet employé communal de Chatou, qui avoue venir pour la première fois à un meeting politique d’Alain Juppé, après avoir décidé de faire partie du comité local de soutien du maire de Bordeaux.

Le premier meeting d'Alain Juppé a rassemblé quelque 1 500 participants, dont des militants de droite mais aussi des personnes pour qui ce rassemblement politique était une première.
Le premier meeting d'Alain Juppé a rassemblé quelque 1 500 participants, dont des militants de droite mais aussi des personnes pour qui ce rassemblement politique était une première. Alcyone Wemaëre, France 24

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Son parcours de militant a pourtant commencé auprès de son actuel rival pour la primaire présidentielle de la droite et du centre : en 2007 et 2012, c’est pour Nicolas Sarkozy que Benoît avait milité, un changement de soutien qui lui apparaît pourtant "naturel". Parce qu’il a été déçu ? "Je n’ai aucun regret d’avoir soutenu [Nicolas sarkozy]" affirme-t-il. Et d’ajouter : "Il n’a pas pu faire tout ce qu’il voulait pendant son quinquennat". S’il juge Nicolas Sarkozy "très bien" à la tête des Républicains, il estime qu’après son échec de la dernière présidentielle, il n’est plus le candidat idéal pour la droite. "Juppé a l’expérience politique : comme il a été maire de Bordeaux, il a du recul. Il a aussi une personnalité calme et posée. Il est plus à même d’être à la tête du pays", estime-t-il.

L'apaisement

Thuy, retraitée de 66 ans, a, elle, zappé la case ateliers. Cette ancienne ingénieure système se présente comme une simple sympathisante. C’est surtout pour écouter le discours d’Alain Juppé qu’elle est venue d’Arcueil avec quatre amis dont l’un, "plus militant", les a incités à venir. Si Thuy suit depuis longtemps la politique française, c’est la première fois qu’elle assiste à un meeting politique. Jusqu’à présent, elle se contentait de voter. "En 2007, on a soutenu Nicolas Sarkozy mais on a été déçus. En 2012, on a voté François Hollande et nous sommes déçus. On a besoin de sang neuf", résume-t-elle. Pourquoi Alain Juppé ? "J’ai bien suivi son parcours quand il était ministre des Affaires étrangères. Il est plus sérieux que les autres", estime-t-elle. Et par rapport à Nicolas Sarkozy ? "Il est plus humain", juge-t-elle.

Un peu partout des panneaux - ici celui de l'atelier "sécurité" - rappelaient samedi aux sympathisants de Juppé l'échéance de la primaire dans trois mois.
Un peu partout des panneaux - ici celui de l'atelier "sécurité" - rappelaient samedi aux sympathisants de Juppé l'échéance de la primaire dans trois mois. Alcyone Wemaëre, France 24

Marwan, 19 ans, est venu de Cergy pour assister au meeting de "Monsieur Alain Juppé", comme il dit. C’est son tout premier meeting politique et il a déboursé 10 euros, le tarif "jeune", pour assister aux ateliers du matin. Son choix s’est porté sur l’atelier sécurité "parce que 200 morts en un an c’est préoccupant" et sur l’atelier emploi "parce que je suis jeune et que dans quelques années je serai sur le marché du travail". De fait, sa jeunesse détonne un peu dans la foule plutôt mûre du parc des impressionnistes. Il y a bien les JAJ ("les jeunes avec Alain Juppé") mais ce sont des militants, ce qui n’est pas son cas. Celui qui votera pour la première fois à un scrutin présidentiel en 2017 n’envisageait pas de soutenir la gauche "trop laxiste sur les questions de justice", selon lui. À droite, Juppé fait figure pour cet étudiant en médecine de seul choix possible : "C’est le seul qui est cohérent sur ses idées et qui ne profite pas de la peur générale pour attirer les électeurs d’extrême droite", estime-t-il. Même l’âge parfois décrié d’Alain Juppé trouve grâce à ces yeux : "Je considère ça comme un atout".

De confession musulmane, Marwan apprécie qu’Alain Juppé joue l’apaisement en pleine polémique sur le burkini en appelant à "ne pas jeter de l’huile sur le feu". "Mais ne pas jeter de l’huile sur le feu, c’est dans les deux sens", l’interpelle Xavier qui assistait, lui aussi, à l’atelier sécurité. S’ensuit une longue discussion sur la laïcité au cours de laquelle Xavier, 42 ans, informaticien dans les Hauts-de-Seine, raconte son cheminement politique : sympathisant de droite, il a voté Hollande en 2012 par rejet de Sarkozy. "Contrairement à beaucoup, je n’ai pas été déçu par Hollande… vu que je n’en attendais rien", lâche-t-il. Son choix de soutenir Alain Juppé donne lieu à des repas animés dans sa famille. "Mes parents sont sarkozystes à fond", s’amuse-t-il. Ce qui le séduit chez Alain Juppé ? "Sa probité. S’il a été condamné, c’est par fidélité à Chirac", analyse-t-il. Marwan acquiesce.

Marwan est persuadé qu’Alain Juppé sera au second tour… face à Marine Le Pen. "Il faut d’abord qu’il remporte la primaire, ce n’est pas gagné", lui fait remarquer Xavier. Sur les panneaux disséminés un peu partout dans "le village", le slogan "trois mois pour gagner" rappelle à tous qu’avant 2017, l’échéance des 20 et 27 novembre est, en effet, plus qu’une simple formalité.

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