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L'Italie rend hommage aux victimes du séisme

Une femme en deuil devant le cercueil d'une victime, samedi 27 août 2016, à Ascoli Piceno, dans le centre de l'Italie.
Une femme en deuil devant le cercueil d'une victime, samedi 27 août 2016, à Ascoli Piceno, dans le centre de l'Italie. Alberto Pizzoli, AFP

Alors que le bilan fait désormais état de 291 personnes tuées par le tremblement de terre ayant frappé mercredi le centre de l'Italie, le pays tout entier a rendu samedi un hommage national aux victimes.

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L'Italie a rendu un hommage solennel et émouvant, samedi 27 août, aux 291 personnes mortes dans le séisme qui a rasé plusieurs villages dans le centre de la péninsule, plongée dans une journée de deuil national.

Tandis que les secouristes fouillaient toujours les décombres à Amatrice, la localité la plus touchée avec au moins 230 morts, les plus hautes autorités de l'État se sont retrouvées samedi dans un gymnase d'Ascoli Piceno, au pied des montagnes meurtries, pour une messe de funérailles.

En présence du président de la République, Sergio Mattarella, du chef du gouvernement, Matteo Renzi, et de centaines d'habitants et de secouristes, 35 cercueils ont été alignés en face de l'autel.

>> À voir sur France 24 : "En images : le village martyr d'Amatrice avant et après le séisme"

Autour des dépouilles, des proches parfois eux-mêmes blessés, souvent en larmes, s'étreignant les uns les autres ou agitant un éventail dans la chaleur étouffante.

"N'ayez pas peur de crier votre souffrance, mais ne perdez pas courage !", a lancé l'évêque d'Ascoli, Mgr Giovanni D'Ercole. "Ensemble, nous reconstruirons nos maisons et nos églises. Ensemble surtout, nous rendrons vie à nos communautés, en repartant de nos traditions et des décombres de la mort".

Manifestement émus, Matteo Renzi et son épouse, Agnese, ont passé une heure à saluer les proches des victimes après la cérémonie, cependant que l'habituellement très réservé Sergio Mattarella a touché le pays en serrant dans ses bras un jeune homme secoué de sanglots. "Nous ne vous abandonnerons pas", a promis le président.

Parmi les cercueils, celui de Giulia, 9 ans, dont le corps a protégé sa sœur Giorgia, 5 ans, l'une des dernières personnes extraites vivantes des décombres. "Désolés d'être arrivés trop tard (...), mais je veux que tu saches de là-haut que nous avons fait notre possible pour te sortir de là", a écrit un pompier sur un papier scotché au petit cercueil blanc.

Le bilan porté à 291 personnes tuées

En signe de deuil, les chaînes de la télévision publique arboraient samedi un bandeau noir et ne diffusaient pas de publicité, tandis que les cloches de la basilique d'Assise, elle-même frappée en 1997 par un fort séisme, ont sonné en l'honneur des victimes.

Le monde du football s'est également associé à l'hommage national, avec une minute de silence avant tous les matches du week-end. À Rome, samedi en fin d'après-midi, la minute de silence s'est très vite transformée en minute d'applaudissements avant le match Lazio-Juventus, le premier disputé en Italie depuis le séisme.

Et les joueurs de la Lazio ont porté un maillot spécial, sur lequel était inscrit "Nous sommes avec vous", avec un cadran d'horloge indiquant 3h36, l'heure à laquelle la terre a tremblé mercredi dans le centre du pays.

>> À voir sur France 24 : "Vidéo : course contre la montre pour retrouver des survivants après le séisme en Italie"

Une autre grande cérémonie, sans les corps, est encore prévue pour mercredi à Amatrice, une bourgade de 2 500 habitants.

Sur place, les secouristes ont continué à extraire de nouveaux corps dans la nuit. Samedi, l'un des 387 blessés a succombé, portant à 291 le nombre des décès constatés pour l'instant.

Au moins seize étrangers, touristes ou installés de longue date en Italie, figurent parmi les personnes tuées, selon les autorités de leurs pays respectifs : dix Roumains, trois Britanniques, une Espagnole, un Salvadorien et une Canadienne.

Près de 2 500 personnes désormais privées de toit

Dans un va-et-vient incessant de secouristes et des volutes de poussière, les décombres ont commencé à être déblayés avec des pelleteuses.

Ceux-ci offrent "très peu de caches de survie", a expliqué à l'AFP Bastien Bizieux, responsable d'une brigade française d'intervention spéciale, tandis que des familles aux yeux rougis continuaient de se presser devant la morgue provisoire pour identifier des dépouilles.

La fatigue et la tension aidant, des habitants excédés s'en sont pris à deux personnes que la police soupçonnait d'être des pillards. "C'est répugnant, ils viennent voler dans les maisons ! Et moi j'ai tout perdu, je n'ai plus rien !", a hurlé une femme. Derrière elle, un nouveau corbillard venait chercher un corps.

Pendant ce temps, la terre continue de trembler : près de 1 500 répliques ont été enregistrées depuis mercredi, dont plusieurs de magnitude 4 ou 5, provoquant à chaque fois de nouveaux dégâts, en particulier sur les petites routes de montagne de moins en moins praticables.

La protection civile a recensé près de 2 500 personnes désormais privées de toit, qui ont passé la nuit de samedi à dimanche dans l'un des 49 camps de tentes ou structures d'accueil aménagés par la protection civile.

Beaucoup commencent à se demander comment sera gérée la reconstruction et attendent aussi que la justice enquête sur les raisons du lourd bilan humain dans une zone clairement identifiée comme étant à risque.

En 2009, un autre séisme avait fait plus de 300 morts à L'Aquila, à une cinquantaine de kilomètres. Mais il s'agissait alors d'une ville de plusieurs dizaines de milliers d'habitants.

Avec AFP

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