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Brésil : Dilma Rousseff dénonce "un vrai coup d'État" lors de son ultime plaidoyer devant le Sénat

Dilma Rousseff devant les sénateurs, le 29 août 2016.
Dilma Rousseff devant les sénateurs, le 29 août 2016. Evaristo Sa, AFP

Dilma Rousseff a dénoncé un procès "arbitraire" lors de son plaidoyer de la dernière chance devant le Sénat dans son processus de destitution, qu'elle a comparé à un "coup d'État.

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Dilma Rousseff, la présidente brésilienne suspendue de ses fonctions, a estimé devant le Sénat que l'avenir du Brésil était en jeu dans son procès en destitution, lundi 29 août, lors de son ultime intervention avant une éviction qui ne fait plus de doute.

"Je ne lutte pas pour mon mandat (…) mais pour la démocratie, pour la vérité, pour la justice" a-t-elle lancé, en comparant le processus de destitution à une conspiration pour l'évincer du pouvoir et préserver les intérêts des classes privilégiées.

Accusée d'avoir engagé des dépenses sans l'approbation du Congrès et d'avoir maquillé les comptes publics pour dissimuler l'ampleur du déficit budgétaire lors de la campagne présidentielle de 2014, Dilma Rousseff a démenti tout abus.

"Ce dont nous allons être témoin est une sérieuse violation de la Constitution et un vrai coup d'État", a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que l'élite économique du pays et l'opposition cherchaient à déstabiliser son gouvernement depuis sa réélection en 2014.

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"Je viens pour vous regarder dans les yeux, messieurs les sénateurs, et dire que je n’ai commis aucun crime de responsabilité, je n’ai pas commis les crimes pour lesquels je suis jugée injustement et arbitrairement accusée", a-t-elle ajouté.

"Nous sommes à un pas d'une grave rupture institutionnelle, de la concrétisation d'un authentique coup d'État", a-t-elle prévenu. "Votez contre l'impeachment, votez pour la démocratie", a conclu Dilma Rousseff, au terme d'une plaidoirie de 30 minutes.

54 votes requis

Le vote final devrait avoir lieu dans la nuit de mardi à mercredi. Si la destitution est votée, le vice-président Michel Temer, âgé de 75 ans, qui assure l'intérim à la tête de l'État depuis mi-mai en attendant le procès, sera confirmé à la présidence pour le reste du mandat de Rousseff, jusqu'en 2018. Et il est convaincu d'obtenir le vote de deux tiers des sénateurs, nécessaire pour révoquer Rousseff.

"Il nous faut 54 votes, et nous nous attendons à en obtenir au moins 60", a indiqué à Reuters son porte-parole, Marcio de Freitas. Un grand nombre de votes contre Dilma Rousseff sera interprété par Michel, issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), de centre-droit, comme un signal d'encouragement pour mettre en œuvre son programme d'austérité, a-t-il poursuivi. Michel Temer a prévu de s'adresser aux Brésiliens mercredi, avant de s'envoler pour le sommet du G20 en Chine.

Selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Globo, 53 sénateurs voteront contre Dilma Rousseff et 18 la soutiendront, bien en-dessous des 28 nécessaires pour lui éviter d'être révoquée. Dix sénateurs n'ont pas fait part de leur position, ou n'ont pas été interrogés dans cette étude.

Mesures d’austérité

Même parmi certains sénateurs peu convaincus du motif invoqué pour sa destitution, certains comptent voter contre Dilma Rousseff, jugeant que son retour ne ferait que prolonger la crise politique qui frappe le Brésil. "Je vais voter contre elle, même si je pense que c'est une tragédie de destituer un président élu, mais deux ans et demi supplémentaires de gouvernement Rousseff seraient pires", a analysé le sénateur centriste Cristovam Buarque. Rousseff a perdu ses soutiens au Parlement et à la Chambre des députés, affirme le sénateur, estimant qu'elle n'est plus en mesure de diriger le pays.

Helio Jose, sénateur du PMDB et ex-porte parole du gouvernement de Rousseff au Sénat, n'a pas révélé pour qui il voterait. Contacté par Reuters, il estime cependant que Temer fait un travail honnête pour restaurer la stabilité. "Je ne pense pas que le retour de Dilma Rousseff soit une bonne chose pour le pays. Temer a construit des soutiens au Congrès pour faire passer les mesures d'austérité dont nous avons besoin pour reprendre confiance et attirer les investissements au Brésil", juge-t-il.

Avec Reuters

 

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