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Présidentielle au Gabon : la mission de l'UE dénonce un "manque de transparence"

Les Gabonais attendent l'annonce du résultat de la présidentielle qui interviendera le 30 août.
Les Gabonais attendent l'annonce du résultat de la présidentielle qui interviendera le 30 août. Marco Longari, AFP

À la veille de l'annonce des résultats de l'élection présidentielle gabonaise, les observateurs de l'Union européenne ont rapporté lundi qu'ils avaient relevé des irrégularités durant la campagne et le jour du scrutin.

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À la veille de l'annonce des résultats officiels de la présidentielle gabonaise, la mission d’observation de l'Union européenne (UE) a sévèrement critiqué lundi 29 août le "manque de transparence" du processus électoral.

"Je félicite les électeurs gabonais qui ont exprimé leur volonté démocratique dans un processus dont la gestion a manqué de transparence", a déclaré devant la presse à Libreville la chef de la mission de l'UE, l'euro-députée bulgare Mariya Gabriel.

"Les insuffisances les plus importantes observées sont : l'absence de listes électorales affichées devant les bureaux de vote, des défaillances au niveau du contrôle de l'encre indélébile [sur le doigt des électeurs pour prouver qu'ils ont voté, NDLR], l'authentification des bulletins de vote et l'usage de scellés des urnes dépourvus de numéros d'identification", a-t-elle poursuivi.

"La mission déplore le manque de transparence des organes de gestion des élections omettant de mettre à la disposition des parties prenantes des informations essentielles telles que la liste électorale et la liste des centres de vote", critiquent les observateurs européens.

>> À lire sur les Observateurs : "Élections au Gabon : retour sur le scrutin en images amateur… et quelques couacs"

La mission de l'UE a également pointé un déséquilibre de la couverture par les médias nationaux en faveur du président sortant Ali Bongo. "Avant le début officiel de la campagne, la mission a observé une confusion entre les activités de campagne et les fonctions officielles du candidat de la majorité [le président Ali Bongo, NDLR] qui a profité d'une très large couverture médiatique", selon la chef de la mission.

Les deux camps clament victoire

Réagissant à ces déclarations, le ministère gabonais de l'Intérieur "a pris acte du rapport globalement positif des observateurs", "malgré quelques irrégularités". Il a également rappelé que "le processus électoral (...) ne permet pas aux candidats de produire des résultats chiffrés" avant leur proclamation. Un avertissement qui vise le camp de l'opposant Jean Ping qui a appelé le peuple "à défendre par tous les moyens" sa "victoire" auto-proclamée.

Après s'être dit "élu" dimanche, Jean Ping, plusieurs fois ministre d'Omar Bongo et ancien président de la Commission de l'Union africaine (UA), a affirmé lundi que le peuple "défendra par tous les moyens" sa "victoire". Selon lui, "le peuple gabonais qui s'est massivement mobilisé (...) et qui vient de me porter à la tête du pays ne pourra jamais accepter que cette victoire, sa victoire, lui soit volée".

Face à l'empressement de Jean Ping, le président sortant a joué la carte de la sérénité et de la légalité : "Nous sommes légalistes et nous sommes républicains donc nous attendons sereinement que la Cénap (commission électorale) annonce les résultats de l'élection". Même si son porte-parole, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a réaffirmé qu'il était "en tête avec une avance qui ne peut plus être inversée".

Journée fatidique

Cette tension entre les deux camps contribue à alimenter chez la population la crainte de violences après l'annonce des résultats, même si la capitale a retrouvé lundi une activité à peu près normale.

Aucun dispositif particulier des forces de sécurité n'était visible dans la ville, à la veille de l’annonce des résultats officiels de la présidentielle à un tour par le ministre l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, à partir de 17H00 (16H00 GMT).

En 2009, la victoire d’Ali Bongo, après la mort de son père Omar, président du Gabon pendant 42 ans, avait été contestée par l'opposition, entraînant une flambée de violences meurtrières, notamment à Port-Gentil, la capitale économique du pays, où le consulat de France - ancienne puissance coloniale - avait été incendié.

Dimanche, l'ambassade de France a recommandé aux Français établis au Gabon "d'éviter de se déplacer, sauf nécessité avérée, et de se tenir informés de la situation".

Dans un contexte économique et social tendu, lié à la baisse des ressources financières consécutives à la chute des cours du pétrole, beaucoup redoutent un scénario similaire à 2009.

"Les déclarations triomphales des deux camps, faites après l'élection, pourraient ouvrir la voie à une période d'incertitude, voire mettre le feu si les acteurs politiques et les Gabonais n'y prennent garde", relevait lundi le journal Le Matin Equatorial.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé "à tous les Gabonais d'accepter le résultat des urnes et de régler tout grief par les moyens légaux et constitutionnels. Il appelle tous les acteurs concernés à ne pas inciter, ou prendre part à des actes de violence".

Avec AFP

 

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