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Bing traduit "Daech" par "Arabie saoudite", Microsoft présente ses plus plates excuses

Bloomberg/Getty Images

Le moteur de recherche de Bing a récemment décidé que de l'arabe à l'anglais, l'acronyme arabe "Daech", qui désigne l'organisation terroriste État islamique, voulait dire "Arabie saoudite". Ça n'a pas fait beaucoup rire les Saoudiens.

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Étudiants flemmards, ne faites confiance qu'à vous-mêmes. Les services de traduction en ligne ne sont pas, mais alors vraiment pas dignes de confiance.

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Le traducteur du moteur de recherche Bing, le concurrent Microsoft de Google Translate, reçoit tellement de suggestions qu'il en perd son latin, ou plutôt son arabe. Des internautes se sont rendus compte qu'en traduisant l'acronyme "Daech" de l'arabe à l'anglais, le service de traduction de Bing propose "Saudi Arabia", le nom anglais de l'Arabie saoudite.

L'erreur du service de traduction en ligne n'a pas trop plu aux internautes, Saoudiens ou non.

Plusieurs Saoudiens ont, suite à cette découverte, encouragé leurs compatriotes à boycotter tous les produits, sites internet ou appareils électroniques Microsoft.

L'affaire est rapidement remontée aux oreilles des responsables de Microsoft, qui se sont empressés de corriger l'erreur et de présenter leurs excuses au royaume d'Arabie saoudite. Mamdouh Najjar, le vice-président de Microsoft en Arabie saoudite, s'est excusé sur Twitter :

"En tant qu'employé de [Microsoft], je demande personnellement pardon au peuple d'Arabie saoudite et à ce pays, cher à nos cœurs, pour cette erreur involontaire."

La faute au crowdsourcing

Mamdouh Najjar a confié au Huffington Post que l'erreur était sûrement dûe aux traductions collaboratives qu'utilise Bing. Si une traduction est suggérée plus de 1 000 fois par des internautes, l'outil de traduction du moteur de recherche la prend automatiquement en compte. Et 1 000 mauvais farceurs, ce n'est pas difficile à réunir sur Internet.

C'est d'ailleurs aussi ce qu'il s'était passé en Ukraine. En janvier 2016, des internautes s'étaient rendus compte que sur Google Translate, en passant de l'ukrainien à la langue russe, on obtenait "Mordor" à la place de "Fédération de Russie", "occupant" à la place de "russe", et "petit cheval triste" à la place de "Sergueï Lavrov", le nom du ministre des Affaires étrangères. Encore une fois, un petit millier de suggestions de traduction avait suffi à convaincre Google Translate que la Russie était en fait le royaume du mal du "Seigneur des Anneaux".

Décidément, ces bots informatiques sont bien crédules.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

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