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À Shanghai, les couples divorcent même s'ils sont heureux

À Shanghai, les couples divorcent pour acheter plus facilement un deuxième bien immobilier.
À Shanghai, les couples divorcent pour acheter plus facilement un deuxième bien immobilier. VCG, Getty Images

À Shanghai, le nombre de divorces des couples explose. Les Chinois en ont-ils fini avec l'amour ? Pas du tout. Si les époux brisent leur contrat de mariage, c'est pour investir plus facilement dans l'immobilier.

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Un divorce, c'est souvent triste. Après des mois de tensions et de disputes, la séparation est actée. Il faut vendre les biens communs. Divorcer c'est souvent se résigner à un crève-cœur, celui de vendre la maison pleine de souvenirs achetée avec son ex-moitié. Pas à Shanghai. Ce serait même le contraire.

Dans la ville la plus peuplée de Chine, les couples divorcent... pour pouvoir acheter un deuxième bien immobilier. Être divorcé aux yeux de la loi permet de profiter de conditions de crédit bien plus avantageuses.

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C'est la BBC qui explique le système chinois. Dans l'empire du Milieu, les couples mariés ne représentent aux yeux des banques qu'une seule unité fiscale. Les primo-accédants – ceux qui achètent pour la première fois un bien immobilier – peuvent le faire avec un dépôt correspondant à 30 % de la valeur du bien et une réduction de 10 % du taux d'intérêt. Pour un deuxième bien, il faut avancer entre 50 et 70 % de la valeur.

Divorcer est la solution 

Avec des conditions pareilles, divorcer devient la solution. En déchirant leurs vœux, chaque individu du couple est de nouveau considéré comme une seule unité fiscale, redevient primo-accédant et dispose donc des dépôts et des taux d'intérêts avantageux.

Ce petit arrangement avec le système est connu des habitants de Shanghai depuis plusieurs années mais le taux de divorce a atteint des sommets ces derniers jours. En cause, la diffusion d'une rumeur sur les réseaux sociaux chinois selon laquelle les autorités du pays auraient l'intention de mettre fin à ces pratiques en interdisant les taux de primo-accédants aux individus divorcés depuis moins d'un an.

La panique s'est alors emparée des couples. Le magazine économique chinois Caixin rapporte que de longues files d'attente ont été constateés au centre des mariages de Shanghai le 30 août, majoritairement des maris et femmes souhaitant acter leur divorce avant la date fatidique du 1er septembre, où entreraient en vigueur les nouvelles règles, selon la rumeur.

Plusieurs images sont apparues sur Weibo pour montrer l'ampleur du phénomène.

Si la dimension sacrée du mariage en prend un coup, il y a tout de même certaines personnes qui se frottent les mains : les promoteurs immobiliers.

Selon les données du centre municipal des ventes immobilières de Shanghai, les ventes ont connu des pics durant les jours où la rumeur circulait. Dans la journée du 30 août, 1 470 biens ont été vendus. Les jours précédents, ce score était aux alentours de 1 000 ventes quotidiennes. Selon le Wall Street Journal, on atteignait des records, ces chiffres représentant près du double du nombre de transactions habituelles. Le record précédent pour le nombre de ventes quotidiennes datait de mars, à un moment où une autre rumeur s'était propagée sur le changement des conditions de crédit.

Toujours selon le Wall Street Journal, le site web recensant les transactions immobilières de Shanghai a crashé le 26 août à cause d'un afflux massif de visiteurs.

La situation était telle que les autorités chinoises ont été obligées de mettre fin aux rumeurs qui circulaient. Le 29 août, sur son compte Weibo, l'administration de Shanghai a promis qu'il n'y avait pas de changements en discussion.

Mais malgré le démenti, les utilisateurs de Weibo ne sont pas convaincus. L'un d'eux, cité par la BBC rappelait que "rien en discussion ne veut pas dire qu'une nouvelle réglementation ne pointera jamais le bout de son nez." Un autre se veut plus philosophe : "C'est trop tard ! On a déjà divorcé."

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