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GABON

Gabon : démission du ministre de la Justice, Jean Ping nie avoir appelé à la grève générale

Jean Ping a lancé lundi  un appel à la grève générale pour protester contre la réélection d'Ali Bongo.
Jean Ping a lancé lundi un appel à la grève générale pour protester contre la réélection d'Ali Bongo. Marco Longari, AFP
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Au lendemain de la démission du ministre gabonais de la Justice, en pleine crise post-électorale, l'opposant Jean Ping a nié, mardi, sur l'antenne de France 24, avoir lancé un appel à la grève générale.

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La crise politique au Gabon a vécu de nouveaux soubresauts alors qu'un semblant de retour au calme avait gagné le pays après les violentes émeutes qui ont suivi l'annonce de la réélection contestée du président Ali Bongo.


Le chef de l'opposition gabonaise Jean Ping a nié, mardi 6 septembre, sur l’antenne de France 24, être à l’origine de l’appel à la "grève générale" publié la veille sur son compte Facebook, qui visait à "faire tomber le tyran". "Les documents qui circulent n’émanent pas de moi. […] Je pense que ce sont des manipulations probablement qui sont faites par les uns ou par les autres. D’ailleurs le pouvoir est habitué à ce type de manipulations", a-t-il accusé.

Jean Ping, qui se déclare "président élu", n'a toujours pas indiqué s'il comptait déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, dont la date limite est le 8 septembre, afin de contester le résultat du scrutin.

Côté français, sur la radio RTL, le Premier ministre Manuel Valls a prôné un nouveau décompte des voix : "Il y a contestations et des doutes. Les observateurs européens sur place ont émis des critiques sur la base de faits objectifs", a-t-il déclaré .

>> À voir sur France 24 : "Ali Bongo : 'Nos forces affrontent des pilleurs instrumentalisés et des casseurs'"

Démission d'un proche d'Ali Bongo

Le camp présidentiel a, quant à lui, enregistré une première défection de haut niveau en la personne du ministre de la Justice et deuxième vice-Premier ministre, Séraphin Moundounga. "J'ai pris la décision de prendre congé, d'une part, du Parti démocratique gabonais, et de me décharger de mes fonctions de membre du gouvernement pour que (...) je puisse bénéficier de ma totale liberté", a dit le ministre sur les ondes de RFI.

Tout en annonçant sa démission, ce dernier, considéré comme l'un des protégés du président, a demandé le "recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote et procès-verbal par procès-verbal." Une demande qui rejoint celle de Jean Ping qui n’a de cesse de dénoncer des fraudes. Il réclame particulièrement un recomptage dans la province du Haut-Ogooué – fief de la famille Bongo – où la participation officielle a dépassé 99 % avec plus de 95 % des suffrages pour le président sortant.

La France exprime "sa vive préoccupation"

Par ailleurs, plusieurs dizaines de personnes s'étaient regroupées lundi devant le palais de justice de Libreville dans l'espoir d'obtenir des nouvelles d'un proche introuvable depuis le début des violences, alors que le parquet devait entendre des centaines de personnes arrêtées lors des troubles de la semaine dernière.

Côté français, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a exprimé sa préoccupation d'être sans nouvelles de plusieurs de ressortissants français ou binationaux. Des dizaines de Gabonais cherchent toujours un proche introuvable depuis les violences et les centaines d'arrestations qui ont suivi l'annonce des résultats de la présidentielle mercredi dernier.

"Des arrestations ont eu lieu ces derniers jours. La France est sans nouvelle de plusieurs de ses compatriotes. Elle exprime, à cet égard, sa vive préoccupation et demande à pouvoir exercer la protection consulaire telle que prévue par la Convention de Vienne", a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué. Quelque 14 000 ressortissants français, dont des binationaux, vivent au Gabon.

De son côté, l'Union africaine (UA) a annoncé qu'elle était prête à envoyer une délégation au Gabon. "Une délégation à haut niveau composée de chefs d'État africains, accompagnés par de hauts responsables de la Commission de l'UA et des Nations unies, est prête à être envoyée à Libreville, dès que les conditions pour une visite seront établies", a annoncé l'instance.

Avec AFP et Reuters

 

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