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Jean Ping saisit la Cour constitutionnelle pour contester les résultats de la présidentielle

Jean Ping à son QG à Libreville, le 28 août 2016
Jean Ping à son QG à Libreville, le 28 août 2016 Steve Jordan, AFP

Jean Ping a déposé un recours, jeudi, devant la Cour constitutionnelle du Gabon pour contester les résultats de l'élection présidentielle du 27 août remportée par le président sortant Ali Bongo Ondimba et demander un recomptage des voix.

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Jean Ping a attendu le dernier moment, mais il n’a pas reculé. L'opposant à Ali Bongo a déposé jeudi 8 septembre un recours devant la Cour constitutionnelle du Gabon pour contester les résultats de l'élection présidentielle du 27 août remportée par le président sortant, Ali Bongo Ondimba, et demander le recomptage des voix dans la province du Haut-Oogoué, fief familial des Bongo.

Le recours porte sur "le recomptage des suffrages dans cette province, bureau de vote par bureau de vote, à travers la confrontation des procès-verbaux détenus par la Cénap (commission électorale nationale) et toutes les parties", précise un communiqué de son équipe de campagne.

Sans imposer de garanties, le camp Ping demande "un recomptage en présence des représentants à parité des deux parties et d’experts internationaux pour garantir la transparence et le respect du pluralisme", précise à France 24 Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de l’opposant.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a réagi, vendredi 9, en appelant la Cour constitutionnelle du Gabon à examiner avec "transparence" et "impartialité" les contestations des résultats de l'élection présidentielle déposées par l'opposition.

"Éprouver les limites de la Cour constitutionnelle"

Le principal opposant à Ali Bongo, qui revendique également la victoire, avait laissé planer le mystère jusqu’au dernier moment quant à son choix de déposer - ou non -  un recours devant la Cour constitutionnelle, qu’il considère comme étant inféodée à la présidence. La saisine de l’institution fait maintenant office de test, prévient Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. 

"Nous allions à cette élection avec deux objectifs : laisser s’exprimer le peuple gabonais et éprouver les limites des institutions en charge des élections au Gabon. Nous avons éprouvé les limites de la Cénap, celles du ministère de l’Intérieur. Nous allons maintenant éprouver celles de la Cour constitutionnelle", ajoute le porte-parole de Jean Ping.

Du côté du pouvoir, Ali Bongo doit également déposer un recours car "il y a des anomalies très fortes" dans les résultats en faveur de Jean Ping, a indiqué jeudi le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

La médiation de l'UA reportée "sine die"

Le ministre gabonais des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze-Ngondet, a par ailleurs annoncé un report "sine die" de la mission de l'Union africaine (UA). L'UA avait annoncé lundi qu'elle était prête à envoyer une délégation de chefs d'État au Gabon où l'annonce de la réélection d'Ali Bongo a provoqué des violences et des arrestations par centaines. "Cette mission a été reportée sine die pour des raisons de calendrier", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Libreville. "Il n'y a pas péril en la demeure, ni de situation sécuritaire ou humanitaire explosive qui justifierait une intervention plus ou moins musclée de la communauté internationale", a-t-il estimé.


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Selon Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, le report de cette visite peut avoir deux explications : "soit M. Bongo accepte le résultat des urnes et se dit que ce n’est pas la peine de faire venir l’UA dès lors que la Cour constitutionnelle va rétablir la réalité du scrutin. Soit Ali Bongo refuse que la réalité du scrutin soit mise à nue par la Cour constitutionnelle et par la mission de l’UA".

La "mission de bons offices" de l'UA était attendue vendredi au Gabon pour des appels au calme et pour demander aux acteurs de la crise gabonaise "de respecter les voies légales, règlementaires et constitutionnelles" pour sortir de la crise, a rappelé Emmanuel Issoze-Ngondet. 

Avec AFP

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