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Airbnb dévoile son plan de lutte contre les discriminations

Le logo de Airbnb sur un ordinateur, dans un bureau parisien.
Le logo de Airbnb sur un ordinateur, dans un bureau parisien. martin bureau/AFP/Getty Images

Alors que le racisme et les préjugés sévissent sur la plateforme de locations entre particuliers, Airbnb a dévoilé ses futurs changements de politique et de technologie. Certains sont plus convaincants que d’autres.

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Va-t-on pouvoir se passer de Innclusive et Noirbnb, ces plateformes alternatives qui ont fleuri cet été à destination de ceux qui galèrent à louer sur Airbnb : les minorités de couleur et sexuelles ?

L'entreprise a promis il y a trois mois des mesures pour lutter contre les discriminations sur sa plateforme, et les a dévoilées jeudi 8 septembre dans un rapport de 32 pages. Il est le fruit du travail d’une équipe prestigieuse, dont un ex-ministre de la justice américain, Eric Holder, embauché comme conseiller.

Ce qui n'empêche pas que les solutions exposées peinent à convaincre certains acteurs publics.

VOIR AUSSI : Airbnb face à des cas de racisme et de discrimination sexuelle

Sur cette question, l'entreprise californienne est attendue au tournant. En juin dernier, on s’en souvient, l’histoire d’une banquière nigériane de 28 ans avait ulcéré la toile.

La jeune femme avait vu sa demande de réservation annulée – ce qui lui arrive souvent sur le site – avec une explication des plus directes : "Je hais les nègres".

Sous le hashtag #AirbnbWhileBlack ("Airbnb quand on est noir"), de nombreux utilisateurs témoignent alors de violences similaires.

Quand on est une multinationale présente dans 190 pays qui a pour ambition de devenir le principal hôtelier de la planète, c'est le genre de scandale dont on se passerait bien. Six mois auparavant, une étude de l’Université d’Harvard avait déjà démontré le racisme des hôtes sur Airbnb, et la difficulté pour les personnes noires à y trouver un logement.

Alors, ce rapport est-il autre chose qu'une vaste campagne de communication ? Une équipe complète (ingénieurs, designers, spécialistes des données) sera en tous cas dédiée à cette lutte anti-discriminations.

Une nouvelle politique et plusieurs pistes floues

Airbnb, avec une campagne d'éducation envers ses logeurs et ses loueurs, va aussi publier une nouvelle politique anti-discrimination, suivies de sanctions en cas de non-respect – suspension ou suppression de compte.  Autre piste : développer les réservations instantanées sur la plateforme, qui ne demandent pas confirmation au logeur. L’entreprise a enfin promis de trouver des solutions alternatives à ceux qui ne parviendraient pas à trouver un logement à cause de leur couleur, de leur sexe, de leur religion, etc. Ce qui pourrait être un logement qui n’est pas sur Airbnb. Bref, pour le moment, ça reste flou.

Selon le New York Times, Airbnb n’a pas suivi toutes les recommandations de ses conseillers sur cette question. Et a été avare de détails sur certains changements. Par exemple, la plateforme ne veut pas supprimer les photos - un nid à préjugés, selon les critiques -  mais leur donner moins d’importance sur le profil, sans dire à quoi cela ressemblera.

Evidemment, la tâche est difficile. Exemple simple : l'hôte peut prétendre refuser une réservation pour d’autres motifs (l’heure d’arrivée, etc) que pour la couleur de peau du loueur. Dans le rapport, Laura Murphy a écrit qu’ "il n’y a pas un seul changement de produit, de politique qui peut éliminer les préjugés et les discriminations. S’attaquer à ces défis requiert une approche durable et multifactorielle".

"Airbnb joue au jeu de la communication de crise"

Certains restent déçus par l’annonce, comme le conseiller municipal de New York Donovan Richards, qui ne mâche pas ses mots :  "Au lieu d’agir concrètement pour lutter contre les discriminations, comme passer à un système anonyme comme sur d’autres plateformes, ou ne plus demander que les utilisateurs renoncent à aller en justice en cas de discriminations, AirBnb joue au jeu de la communication de crise pour se défausser de ses responsabilités."

Il faut dire que la ville de New York s’est violemment opposée à AirBnb dans le passé, pour d’autres raisons. Comme plusieurs capitales dans le monde, notamment Berlin, Barcelone et Paris, elle accuse la multinationale de faire grimper les prix des loyers, en permettant de louer illégalement des meublés touristiques. Mais pour lutter contre la muséification des centres-villes, Airbnb n'a pas encore annoncé de programme.  

Contacté par Mashable France, Airbnb ne nous a pas encore répondu. 

- Retrouvez aussi l'article de Emma Hinchliffe sur Mashable.

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