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Neil Armstrong n'a pas dit "c'est un petit pas pour l'homme" en posant le pied sur la Lune

NASA

Neil Armstrong a-t-il dit "c'est un petit pas pour l'homme" ou "pour UN homme" en posant le pied sur la Lune en 1969 ? Des chercheurs américains prétendent avoir la réponse pour mettre fin au débat.

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"C’est un petit pas pour…" ma grand-mère ? Le caniche d’un pote ? L’homme ? Un homme ? En posant pour la première fois le pied sur le sol grisâtre de la Lune, l’astronaute américain Neil Armstrong a prononcé une phrase, mais on ne sait plus très bien laquelle.

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Si la postérité a finalement choisi le désormais classique "C’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité." – en anglais "That's one small step for man, one giant leap for mankind" – beaucoup ne sont pas tout à fait d’accord avec la citation devenue éternelle. À commencer par celui qui l’a prononcée.

En revenant sur Terre, Neil Armstrong soutient qu’il n’a pas dit "c’est un petit pas pour l’homme" mais "c’est un petit pas pour UN homme". Trente ans plus tard, en 1999, il se rétracte et reconnaît lors d’un évènement anniversaire qu’il ne s’entend pas dire le "un" dans l’enregistrement audio de ses transmissions lunaires.

Depuis, le débat entre les partisans du "un homme" et de "l’homme" va bon train. Plusieurs scientifiques se sont déjà attelés à analyser dans le détail chaque onde sonore de la bande son de l’enregistrement pour statuer, mais sans pour autant parvenir à mettre un point final au débat.

47 ans plus tard, une équipe de chercheurs de l’université de l’Oregon prétend avoir trouvé de nouveaux éléments en faveur du "c’est un petit pas pour UN homme".

Sacré accent de l'Ohio 

Bon d'accord, on n'entend pas vraiment de "a" avant le "man" de Neil Armstrong dans l’enregistrement sonore de l’époque. Ou en tout cas si "a" il y a, sa présence est tellement subtile qu’indémontrable scientifiquement. Alors pour résoudre le mystère, les chercheurs de l’étude ont privilégié "les conditions" dans lesquelles la fameuse phrase a été prononcée et entendue.

Il faut dire qu’en plus de parcourir les 384 467 kilomètres qui séparent la Lune de la Terre, le "c’est un petit pas pour l’homme" est aussi prononcé dans un anglais peu commun : celui du fin fond de l’Ohio, là où Neil Armstrong a grandi.

En analysant la manière de dire "for" et "for a" de 191 habitants issus de la même région que l’astronaute, les chercheurs ont trouvé que, compte tenu de son accent, Armstrong aurait bien pu dire… les deux.

Mais pour ceux qui ont mené l’étude, le contexte dans lequel les mots ont été prononcés a lui aussi son importance. Stressé, Neil Amstrong a tendance à buter sur quelques mots lorsqu’il déboule sur la Lune. Alors qu’il parle lentement, ce bout de phrase en particulier semble hachuré, rapide.

En testant sur des anglophones américains le "for" et le "for a" avec différents débits de parole dans des phrases où ils pourraient avoir le même sens, les scientifiques se sont rendu compte que, quand il était prononcé rapidement dans une phrase lente, le "for a" était souvent pris pour un "for".

La faute aux journalistes ? 

On aurait donc bien mal compris ce que Neil a voulu nous dire. Joel Shurkin, un des journalistes présents dans la salle de retransmission de l’évènement en 1969, avait déjà expliqué sur Slate.com que même la presse n'avait pas tout saisi.

"La transmission n’était pas claire et nous n’étions pas sûrs d’avoir entendu le mot 'un' avant 'homme’", écrivait-il. "Nous n’avions pas le temps de réfléchir (…) mais nous ne pouvions pas nous permettre qu’un journal dise une chose et un autre quelque chose d’autre. Oubliez l’histoire : on devait faire face à nos éditeurs.” Par un accord commun, les journalistes présents dans la salle décident qu’ils n’ont pas entendu le “un” devant “homme".

Et pourtant messieurs, ce n’était pas très logique. Dans sa citation complète, Neil Armstrong fait ensuite référence à "l’humanité", ce que dit déjà en substance "l’homme". "C’est un petit pas pour UN homme, mais un bond de géant pour l’humanité", ça a quand même plus de sens, non ?

Enfin bref, c’est un petit pas pour la linguistique, mais un bond de géant pour l’accent des habitants de l’Ohio.

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