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France : mutinerie dans la prison de Vivonne : 11 intoxications et deux détenus en garde à vue

La prison de Vivonne, près de Poitiers, dans la soirée du lundi 12 septembre 2016.
La prison de Vivonne, près de Poitiers, dans la soirée du lundi 12 septembre 2016. Guillaume Souvant, AFP

Les incidents dans le centre de détention de Vivonne, dans la Vienne (centre-ouest de la France), où une émeute avait éclaté lundi en fin d'après-midi, ont pris fin dans la soirée, a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué.

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Il aura fallu près de six heures après intervention des forces spécialisées, lundi 12 septembre dans la soirée, pour maîtriser la mutinerie à la prison de Vivonne, près de Poitiers (centre-ouest de la France), où une cinquantaine de détenus ont déclenché des incendies blessant légèrement 11 personnes, ont indiqué les autorités.

Cinq membres des forces de l'ordre et six détenus ont été hospitalisés, intoxiquées par les fumées déclenchées par les mutins au deuxième étage de l'un des bâtiments du centre pénitentiaire, a précisé la préfecture de la Vienne. L'un des détenus hospitalisés a été victime d'un infarctus.

Le ministère de la Justice a indiqué dans un communiqué que les équipes régionales d'intervention et de sécurité (Éris), basées à Bordeaux, et des gendarmes mobiles "sont intervenues vers 20 h 30, prenant le contrôle du 2e étage" du centre pénitentiaire. De source pénitentiaire distincte, on précise que la situation a été maîtrisée vers 22 h 15.

La mutinerie avait débuté vers 17 h, lorsque des détenus "sont parvenus à s'emparer du trousseau de clés du surveillant d'étage, qui a pu s'extraire de la coursive et n'est pas blessé", selon le ministère. À cet étage, hébergeant une cinquantaine de prisonniers, "des détenus ont alors provoqué un départ d'incendie, entraînant d'importants dégagements de fumée". Les détenus ont par la suite déclenché deux autres départs de feu, tandis que de l'extérieur de la prison, des volutes de fumée cessaient puis reprenaient au fil de la fin de journée, a constaté un correspondant de l'AFP.

Deux détenus ont subtilisé le trousseau de clefs d'un surveillant

L'incident aurait eu comme origine le refus de permission de sortie à un détenu, qui s'est rebellé, entraînant d'autres détenus dans son mouvement, a-t-on indiqué de source syndicale pénitentiaire.

"Deux détenus ont bousculé un surveillant et ont réussi à lui subtiliser son trousseau de clefs et son walkie-talkie d'alarme, ce qui leur a permis d'ouvrir toutes les cellules" du deuxième étage du bâtiment, a expliqué à l'AFP Emmanuel Giraud, délégué régional du syndicat FO pénitentiaire pour la Nouvelle-Aquitaine. Après avoir "mis le feu aux coursives et à l'atrium" (le rond-point central), des détenus "ont tout cassé à l'intérieur", a indiqué le syndicaliste.

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Une soixantaine de détenus devraient être relogés en raison de cellules hors d'usage après la mutinerie, selon la même source.

L'incendie, touchant un étage d'un bâtiment qui en compte trois, a été maîtrisé par les pompiers, qui ont déployé une centaine d'hommes, ont arrosé de l'extérieur, puis sont intervenus à mesure que les Éris les faisaient progresser à l'intérieur. Auparavant, ils avaient évacué les quelques détenus présents au troisième étage pour les protéger de la fumée, selon le ministère. Un plan "nombreuses victimes" avait été déclenché dans l'éventualité de victimes d'intoxications.

Le nombre exact de participants actifs à la mutinerie était impossible à déterminer, lundi en fin d'incident, mais six détenus s'étaient rendus peu avant 20 h, soit parce qu'ils se désolidarisaient, soit qu'ils avaient été incommodés par les fumées, a-t-on précisé de source syndicale.

Deux détenus placés en garde à vue

À la suite de l'intervention des forces Éris, deux détenus de 30 et 34 ans, l'un condamné pour trafic de stupéfiants, l'autre pour violences, ont été placés en garde à vue. Les autres détenus de l'étage "ont été évacués vers le gymnase" de la prison. Des poursuites judiciaires devraient être engagées contre plusieurs détenus à mesure de l'éclairage sur la responsabilité des participants, a précisé le ministère à l'AFP.

Le centre de Vivonne, inauguré en 2009, est un établissement mixte, ultra-moderne, combinant maison d'arrêt (305 places) et centre de détention (271 places). Il hébergeait ces jours-ci 525 détenus, ne suggérant pas de problème de surpopulation.

Un syndicat a indiqué avoir alerté, ces derniers mois, contre une tendance au regroupement vers Vivonne de détenus "difficiles" d'autres structures, mettant en garde contre le risque de voir le centre se transformer en "poubelle pénitentiaire".

Avec AFP

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