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L’offensive du général rebelle Haftar complique la réunification de la Libye

Le terminal pétrolier libyen d'al-Sedra, dont le général Haftar a pris le contrôle le 11 septembre 2016.
Le terminal pétrolier libyen d'al-Sedra, dont le général Haftar a pris le contrôle le 11 septembre 2016. Stringer, AFP

Maître du croissant pétrolier libyen depuis mardi, le général Haftar complique la réunification d’une Libye éclatée depuis la chute de Kadhafi, en 2011. Et pourrait mettre en danger la lutte contre l’organisation État islamique.

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Depuis le 13 septembre, la Libye est de nouveau militairement coupée en deux. D’un côté, le gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et adoubé par la communauté internationale, de l’autre, le général Khalifa Haftar, qui s’est rendu maître, mardi 13 septembre, du "croissant pétrolier" libyen. Cette zone côtière, où transite près de la moitié du pétrole libyen destiné à l’exportation, s’étend du terminal pétrolier d'Al-Sedra au port de Zoueitina en passant par les terminaux de Ras Lanouf et de Brega.

Le général Haftar, 73 ans, s’en est emparé en trois jours, bouleversant la donne en Libye en affaiblissant le GNA. Ce dernier, qui peine à asseoir son autorité sur l'ensemble du pays, livré aux milices depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après huit mois de révolte, a ainsi perdu l’opportunité d’exploiter la principale ressource économique libyenne.

Une provocation, selon la chroniqueuse internationale de France 24, Armelle Charrier, car "à partir du moment où vous prenez en otage l’économie d’un pays, c’est un défi que vous lancez à la fois au gouvernement mis en place et à la communauté internationale et aux Nations unies, qui le soutiennent". D’autant que cette prise de contrôle met à mal les discussions entamées les 5 et 6 septembre pour rapprocher le GNA et l’Armée nationale libyenne (ANL), commandée par Haftar.

L'offensive contre l’EI mise en péril

Le général, qui peut, lui, compter sur le soutien des Égyptiens, "qui ont très peur du gouvernement de Tripoli" et de certains Émirats, selon Armelle Charrier, pourrait en outre mettre en péril la lutte contre l’organisation terroriste État islamique (EI), présente surtout à Syrte et dans les environs.

La lutte contre l’EI, d’abord menée par les deux parties, chacune désireuse de s’attirer ainsi le soutien de la communauté internationale, n’est désormais assumée que par l’armée du GNA : "Les Américains ont fait leur choix [entre le gouvernement de Tripoli et le général Haftar] lorsqu’ils ont décidé d’appuyer le gouvernement d’union dans son offensive contre l’EI à Syrte", analyse Armelle Charrier. Haftar s’est donc "tourné vers le croissant [pétrolier], alors que la bataille de Syrte, même si elle est largement engagée, était loin d’être terminée".

>> À lire sur France 24 : "Trois militaires français tués en Libye lors d'une mission"

La chroniqueuse pointe également un autre risque, celui de déchirer à nouveau le pays. "Est-ce que ça ne va pas amener une guerre civile ? Appeler à une confrontation directe est un acte dangereux", martèle-t-elle. Cette éventualité, à laquelle tout le monde pense, a cependant été écartée par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, qui a déclaré qu’il n'accepterait pas de "diriger une partie libyenne ou une guerre contre une autre partie libyenne". Il a par ailleurs appelé, dans un communiqué publié sur sa page Facebook, "à se réunir d'urgence autour d'une même table pour discuter d'un mécanisme permettant de sortir de la crise et de mettre fin au conflit".

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