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Pourquoi les labos pharmaceutiques ne veulent pas du cannabis médical

Une pharmacie à cannabis à Portland, Oregon.
Une pharmacie à cannabis à Portland, Oregon. Heath Korvola

Quand les patients ont le droit au cannabis, ils consomment (beaucoup) moins de médicaments. Une façon de réduire le nombre d’overdoses aux opiacées et d’économiser de l’argent public.

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Devinette du jour : qui sont les principaux détracteurs du cannabis à usage médical aux États-Unis ? Les laboratoires pharmaceutiques. Tiens donc...

Depuis des années, ils subventionnent des chercheurs et des études anti-cannabis et font du lobbying auprès des décideurs politiques. On comprend vite pourquoi en jetant un œil à ce graphique publié par le Washington Post qui s'est basé sur une recherche statistique récente, et que Mashable FR a traduit. Les chiffrent parlent plus que mille mots :

Plutôt que de s’intéresser aux effets du cannabis sur la santé, ou de rentrer dans des débats sans fin sur les abus et le détournement de la loi, l'étude répond à une question toute simple : le cannabis médical est-il ou non utilisé à la place de certains médicaments dans les États où il est disponible ? En somme, est-ce que ça marche ? 

Les anti-douleurs au placard

Les chiffres mis en avant par l'étude sont tirés des données officielles du Medicare de 2010 à 2013. Ils comparent les prescriptions médicales dans les États où le cannabis médical est autorisé (il y en a 17) et ceux où il ne l’est pas. Résultat : le médecin moyen dans un État où le cannabis médical est autorisé prescrira par exemple 1826 doses en moins par an d'anti-douleurs que son collègue qui n’a pas le droit de recommander à ses patients de fumer des joints.

Pour les symptômes ou maladies qui peuvent être soulagées par la fumette, notamment l’anxiété, les insomnies, la dépression, les psychoses, les nausées, mais surtout les douleurs chroniques, la différence de prescription est très nette.

Des overdoses de médocs en série

Publiée par l’économiste américain David Bradford et sa fille Ashley Bradford en juillet, l’étude avait fait grand bruit aux États-Unis.

Le pays fait face à ce que le Time appelle une "épidémie d’opioïdes". Depuis 1999, les overdoses dues aux antidouleurs et à l’héroïne ont doublé, tuant 80 personnes par jour. Et le cannabis pourrait être une des solutions : avant celle-là, plusieurs études ont déjà montré que les overdoses et addictions aux opiacées étaient moins nombreuses quand le cannabis médical était disponible.

D’autre part, la surconsommation de médicaments leste aussi inutilement, comme en France, les budgets publics consacrés à la santé. L’étude des Bradson relève même que le cannabis thérapeutique fait gagner de l’argent aux États (165 millions par an en tout). Ils estiment que si les 50 États suivaient le même chemin, un demi milliard de dollars par an serait économisé par le Medicare.

Le cannabis médical toujours illégal, la faute aux lobbies

Cette étude est donc clairement argument supplémentaire en faveur de la légalisation du cannabis à usage thérapeutique. 

Si de plus en plus d’États légalisent individuellement le cannabis médical, au niveau fédéral celui-ci reste toujours interdit. La Drug Enforcement Administration (DEA), poussée par les lobbys pharmaceutiques d’après le Washington Post, a réaffirmé en août dernier le classement de la marijuana en catégorie 1, celle des "drogues sans usage médical", comme le LSD et l’héroïne, faute, selon eux, de preuves suffisantes de son efficacité clinique.

Mais Bradford a expliqué au Time que "ce qu'il faut tirer de cette étude, c'est que quand la marijuana est disponible comme une option clinique, les patients comme les médecins l’envisagent comme un médicament." Et toc.

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