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Une vaste campagne lancée aux États-Unis pour convaincre Obama de gracier Snowden

Edward Snowden parle par visioconférence, mercredi 14 septembre 2016, lors du lancement d'une campagne demandant à Barack Obama de le pardonner.
Edward Snowden parle par visioconférence, mercredi 14 septembre 2016, lors du lancement d'une campagne demandant à Barack Obama de le pardonner. Spencer Platt, Getty Images North America, AFP

Plusieurs ONG et associations de défense des libertés ont entrepris mercredi ce qui s'apparente à une tentative de la dernière chance pour convaincre Barack Obama de gracier Edward Snowden, mais la Maison Blanche souhaite toujours qu'il soit jugé.

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Amnesty International, Human Rights Watch et l'ACLU, puissante association américaine de défense des libertés, ont lancé, mercredi 14 septembre, une vaste campagne pour pousser le président Barack Obama à accorder son pardon au lanceur d'alerte Edward Snowden, réfugié en Russie.

Principal élément de cette campagne lancée dans les derniers mois de l'administration Obama: une pétition en ligne sur pardonsnowden.org, déjà paraphée par de grands avocats et des personnalités américaines comme l'écrivain Joyce Carol Oates, l'acteur Martin Sheen, l'actrice Susan Sarandon ou encore le chanteur Peter Gabriel. L'ancien candidat à l'investiture démocrate pour la Maison Blanche, Bernie Sanders, a lui aussi réclamé dans un tweet, mercredi soir, une "forme de clémence" pour Snowden.

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Les organisateurs comptent sur le fait que "le président réfléchit à sa marque dans l'histoire" et peut "prendre des décisions difficiles".

Les chances d'un pardon paraissent néanmoins assez faibles pour Snowden, ancien consultant de la très secrète agence de renseignements NSA, qui dévoila à des journalistes en 2013 l'ampleur du réseau de surveillance électronique américain mis en place après les attentats du 11-septembre 2001 et qui risque désormais trente ans de prison pour espionnage.

"M. Snowden n'est pas un lanceur d'alerte"

Mais la Maison Blanche ne semble pas prête à faire évoluer sa position. "Son attitude a mis des vies américaines en danger. Il devrait rentrer aux États-Unis pour répondre des très graves poursuites dont il fait l'objet", a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain.

Interrogé il y a quelques jours sur une éventuelle grâce présidentielle, Josh Earnest avait souligné qu'Edward Snowden, actuellement réfugié en Russie, n'avait pas été condamné et que la question ne se posait donc pas à ce stade.

>> À lire sur France 24 : "En exil, en prison, au chômage... que sont devenus les lanceurs d'alerte ?"

"M. Snowden n'est pas un lanceur d'alerte", a néanmoins martelé le porte-parole de la Maison Blanche, assurant qu'il existait un processus spécifique qui permet aux lanceurs d'alerte "d'exprimer leurs inquiétudes" tout en protégeant "les secrets de sécurité nationale des États-Unis".

Cette tentative de pétition n’est pas nouvelle. En juillet, déjà, la Maison Blanche avait opposé une fin de non recevoir à une première pétition rassemblant plus de 160 000 signatures.

Snowden "devrait rentrer aux États-Unis, pour y être jugé par ses pairs et non pas se cacher derrière un régime autoritaire. Pour l'heure, il fuit les conséquences de ses actes", avait affirmé Lisa Monaco, une conseillère d'Obama.

Sortie sur les écrans du film "Snowden" d’Oliver Stone

Le directeur exécutif de l'ACLU, Anthony Romero, s'est toutefois dit mercredi convaincu que cette position "peut changer avec la réaction du public" et une signature massive de la pétition.

L'ACLU s'est d'ailleurs offert une pleine page de publicité dans le Washington Post mercredi pour appeler au pardon d'Edward Snowden, avec notamment un grand portrait du jeune homme qui tient contre son visage ce qui semble être un drapeau américain. "Edward Snowden s'est battu pour notre liberté. Il est temps qu'il puisse bénéficier de la sienne", dit le slogan de l'ACLU.

Anthony Romero, directeur de l'ACLU

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Les arguments des défenseurs de Snowden sont simples : même s'il reconnaît avoir enfreint la loi en diffusant des secrets d'État, ses révélations ont été bénéfiques, entraînant l'amendement de lois anti-constitutionnelles et une meilleure protection de la vie privée des utilisateurs d'Internet dans de nombreux pays.

Le lancement de cette campagne coïncide par ailleurs avec la sortie sur les écrans du film "Snowden" d'Oliver Stone. Le réalisateur américain plaide également pour son pardon.

De son côté, Edward Snowden, 33 ans, a répété mercredi, lors d'une vidéoconférence, qu'il regrettait de ne pouvoir bénéficier aux États-Unis d'un procès juste et équitable. La loi sur l'espionnage (Espionage Act) "ne permet pas la défense d'un lanceur d'alerte. Elle ne fait pas de distinction entre ceux qui donnent des informations gratuitement à des journalistes et des espions qui les vendent à des gouvernements étrangers", a-t-il déploré.

"Il y a des lois qui disent certaines choses, mais c'est peut-être la raison pour laquelle il existe le pardon – pour les exceptions, pour les choses qui semblent illégales à la lecture mais qui, si on les regarde d'un point de vue moral, éthique (...) apparaissent comme nécessaires, vitales", avait-il aussi plaidé dans une vidéo diffusée mardi par le quotidien britannique The Guardian.

Avec AFP

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