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Allemagne : grandes manifestations contre le traité de libre-échange transatlantique

Le rassemblement contre le TTIP a rassemblé entre 50 000 et 70 000 personnes à Berlin le 17 septembre 2016.
Le rassemblement contre le TTIP a rassemblé entre 50 000 et 70 000 personnes à Berlin le 17 septembre 2016. Odd Andersen, AFP

De 163 000 à 320 000 manifestants ont défilé, samedi, dans sept villes allemandes pour dénoncer le projet de traité de libre-échange transatlantique soutenu par la chancelière Angela Merkel.

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Les Allemands sont descendus dans la rue, samedi 17 septembre, pour protester contre le Traité de libre-échange transatlantique (TTIP), en cours de négociation entre les États-Unis et l'UE, soutenu par la chancelière Angela Merkel mais toujours plus décrié en Europe.

Les organisateurs des manifestations de samedi - une trentaine d'ONG, de syndicats et partis politiques - ont affirmé avoir mobilisé quelque 320 000 personnes. La police dans les différentes villes concernées par les défilés avançait pour sa part une estimation de 163 000 à 188 000 manifestants.

À Berlin, de 50 000 à 70 000 personnes se sont rassemblées, malgré les fortes pluies qui se sont abattues en début de manifestation, à la mi-journée. La mobilisation a également été forte dans les deux autres principales villes du pays, Hambourg et Munich, moins importante à Francfort, Cologne, Stuttgart et Leipzig.

Nouveau round de négociations début octobre

Outre le TTIP, pour lequel un nouveau round de négociations vient d'être fixé à début octobre, les manifestants entendent exprimer leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada, dont la signature finale est attendue à la fin octobre.

Le TTIP et le Ceta inquiètent de longue date de nombreux Allemands, alors qu’Angela Merkel n'a cessé d'insister sur les "chances de créations d'emploi" qui doivent en découler.

Négocié depuis mi-2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l'accord TTIP (également connu sous un autre acronyme anglais, Tafta), vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d'autre de l'Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange.

Plus de 50 % des Allemands critiques vis à vis du libre-échange

Ses détracteurs craignent, outre une remise en cause des normes sociales, sanitaires et environnementales européennes, la création d'un mécanisme d'arbitrage parallèle pour les investisseurs étrangers, qui viendrait affaiblir le pouvoir des autorités publiques face aux grandes entreprises. Les organisateurs des manifestations en Allemagne ne cessent également de dénoncer des négociations tenues dans le plus grand secret.

"Nous avons besoin d'accords commerciaux meilleurs, que nous pouvons avoir si nous stoppons les mauvais accords [...] en nous battant pour une économie équitable", a dénoncé Jennifer Morgan, dirigeante de Greenpeace International.

Face à la défiance accrue, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a dénoncé samedi dans le quotidien Bild "les incompréhensions, légendes urbaines et mensonges dans le débat" autour de ce traité.

Selon un sondage de l'institut Ipsos, 52 % des Allemands estiment que le libre-échange mène à un affaiblissement des normes sociales et permet l'importation de produits dommageables pour la santé. Mais Washington, tout comme Angela Merkel, veulent encore mener les négociations à leur terme avant la fin de l'année, tant que Barack Obama se trouve à la Maison Blanche.

D'autres pays européens, comme l'Autriche mais surtout la France, sont opposés au traité. Mercredi, le secrétaire d'État français au Commerce extérieur Matthias Fekl a affirmé que les négociations entre la Commission européenne et les États-Unis n'avaient plus le soutien politique de Paris. Le Premier ministre français Manuel Valls a également demandé "un coup d'arrêt clair" dans les négociations.

Avec AFP

 

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