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À Berlin, les populistes infligent un nouveau revers électoral à Merkel

Frank Henkel, chef de file de la CDU à Berlin, a reconnu un résultat "pas du tout satisfaisant" dimanche.
Frank Henkel, chef de file de la CDU à Berlin, a reconnu un résultat "pas du tout satisfaisant" dimanche. Steffi Loos, AFP

Le parti d'Angela Merkel a enregistré dimanche le pire résultat de son histoire pour des élections à Berlin, selon les projections des chaînes publiques. L'AfD, le parti de la droite populiste, fait lui son entrée au parlement local.

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Il s'agit du deuxième revers électoral consécutif en deux semaines lors d'un scrutin régional pour l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, devancée début septembre par le mouvement anti-migrants et anti-islam Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans le nord-est du pays. Le parti conservateur de la chancelière allemande a enregistré dimanche 18 septembre le pire résultat de son histoire pour des élections régionales à Berlin, dans un climat de mécontentement croissant sur l'immigration, dont continue de profiter la droite populiste.

À Berlin, la CDU n'a recueilli que 17,5 % environ des suffrages, en recul de plus de 5 points par rapport au dernier scrutin de 2011, tandis que l'AfD fait son entrée dans le parlement local de la capitale allemande avec plus de 14 % des voix, selon les projections des chaînes de télévision publique.

Jamais dans l'histoire de Berlin - celle de Berlin-Ouest après la Seconde Guerre mondiale, puis celle de la ville réunifiée après 1990 - la CDU n'avait connu pareille débâcle.

Le piètre score de la CDU à Berlin va très probablement renvoyer le parti sur les bancs de l'opposition dans la métropole de 3,5 millions d'habitants, alors qu'il faisait jusqu'ici partie d'un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates.

Le parti social-démocrate (SPD) essuie lui aussi à Berlin de lourdes pertes mais il reste le premier parti de la ville avec un peu moins de 22 % des voix.

Valeur de symbole

Bien qu'affaibli, cela devrait permettre au maire actuel, Michael Müller, membre de ce parti, d'être reconduit dans ses fonctions.

L'irruption de la droite populiste dans le parlement régional berlinois a valeur de symbole : métropole cosmopolite et ouverte sur le monde, la capitale allemande au statut d'État-région se faisait fort jusqu'ici de résister aux tendances populistes.

Même si la CDU est depuis 15 ans traditionnellement faible à Berlin, son nouveau recul vient compliquer un peu plus la tâche de la chancelière, critiquée dans sa propre famille politique. Le chef de file malheureux du parti à Berlin, Frank Henkel, a reconnu un résultat "pas du tout satisfaisant". Il a parlé d'"un jour noir" pour les partis traditionnels dans leur ensemble et s'est dit "alarmé" de voir "un quart des électeurs voter pour des partis protestataires".

L'allié bavarois de la CDU, la CSU, risque de réclamer avec encore plus de véhémence une politique beaucoup plus restrictive en matière d'immigration. Il se refuse pour l'heure à dire s'il soutiendra Angela Merkel dans la bataille pour la chancellerie dans un an.

Grâce à son succès de dimanche, l'AfD, né il y a trois ans, va entrer dans un dixième parlement régional, sur les 16 que compte le pays.

Son score enregistré à Berlin est du reste proche de celui dont le crédite au niveau national un sondage publié ce week-end : 14 %. Sauf retournement, l'AfD est bien partie pour faire son entrée dans un an à la chambre des députés lors des législatives, ce qui serait une première pour un parti de droite populiste dans l'histoire d'après-guerre de l'Allemagne.

Avec AFP
 

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