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Russie : le parti de Vladimir Poutine remporte les législatives avec une majorité absolue

Vladimir Poutine s'est félicité du très bon résultat enregistré par son parti Russie unie aux législatives du dimanche 18 septembre.
Vladimir Poutine s'est félicité du très bon résultat enregistré par son parti Russie unie aux législatives du dimanche 18 septembre. Ivan Sekretarev, AFP

Le parti Russie unie devrait obtenir au moins 338 des 450 sièges à la Douma à l'issue des législatives de dimanche. Des résultats qui, malgré un fort taux d'abstention, confortent la mainmise du parti de Poutine sur la vie politique russe.

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Russie unie, le parti du président Vladimir Poutine,  a remporté une écrasante majorité à la Douma après les législatives de dimanche 18 septembre, malgré une faible participation (47,7 %) de participation. Selon la Commission électorale centrale, la formation a obtenu la majorité absolue avec 54,1 % des voix, après le décompte de 98 % des bulletins de vote.

Selon des projections, Russie unie semble pouvoir obtenir au moins 343 des 450 sièges à la Douma, la chambre basse du Parlement, où elle en détenait 238. Avec plus des deux tiers des députés, le Kremlin aurait un contrôle sans précédent de la Douma et pourrait faire adopter encore plus facilement des révisions constitutionnelles.

Le parti libéral démocrate (LDPR, extrême droite) et le Parti communiste (PC) sont au coude-à-coude avec respectivement 13,2 % et 13,4 % des suffrages. Le parti nationaliste du très populiste Vladimir Jironovski améliore ainsi son score de 3 points par rapport à 2011 alors que les communistes en perdent plus de 5. Le parti pro-Kremlin Russie juste recueille pour sa part 6,2 % et siégera à la Douma.

Ces trois partis ne sont pas considérés comme des formations d'opposition et votent généralement à l'unisson de Russie unie.

>> À voir sur France 24 - Vidéo : les Russes désabusés à la veille des élections législatives

A contrario, les opposants libéraux de Parnas ne réunissent qu'un très symbolique 0,66 % après une campagne où ils ont comme de coutume été boudés ou moqués par les télévisions d'État. Même scénario pour le parti d'opposition social-démocrate Iabloko qui a espéré, en vain, qu'il obtiendrait un siège à la Douma.

"Très bon résultat", selon Poutine

"On peut dire clairement que notre parti a gagné", s'est félicité le Premier ministre, Dmitri Medvedev, tête de liste de Russie unie, qui avait pronostiqué l'obtention de la "majorité absolue" à la Douma. "On peut dire avec certitude que le parti a obtenu un très bon résultat" malgré une participation "pas la plus élevée mais quand même importante", s'est réjoui à ses côtés Vladimir Poutine, lors d'un déplacement au siège du parti qu'il a créé en 2001, en saluant la "maturité politique grandissante" des électeurs russes.

Pour le chef de l'État, ces élections étaient d'autant plus importantes qu'elles sont la dernière consultation nationale avant la présidentielle de 2018, où personne en Russie n'imagine que Vladimir Poutine ne se présentera pas pour un quatrième mandat.

Ombre au tableau toutefois pour le Kremlin : la faible participation, signe que les Russes ont boudé le scrutin ou qu'ils le considéraient joué d'avance. Selon la Commission électorale, 47,7 % des électeurs ont voté, contre 60% en 2011.

Dans les deux principales villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg, la participation était encore plus faible, à la fois par rapport à la tendance nationale et aux précédentes législatives, après une campagne morne dans un pays en récession depuis 18 mois.

"Je suis indigné par un taux de participation si faible. Les Russes laissent peut être passer leur dernière chance de remplacer démocratiquement les autorités", a réagi l'opposant et ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov.

Plus de transparence

"Dans nombre de régions, la participation n'était pas très élevée puisque les citoyens n'ont pas été dument informés du lieu où se trouvait leur bureau de vote", a déclaré très sérieusement la déléguée du Kremlin pour les droits de l'Homme, Tatiana Moskalkova.

Contrairement aux législatives de décembre 2011, marquées par des fraudes et à la suite desquelles des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue, le Kremlin avait voulu donner plus de transparence au processus électoral.

Le président russe avait ainsi placé à la tête de la commission électorale centrale l'ex-déléguée aux droits de l'Homme auprès du Kremlin, Ella Pamfilova, pour remplacer Vladimir Tchourov accusé par l'opposition d'avoir manipulé les résultats de plusieurs élections.

Les travaux de la commission électorale étaient diffusés en direct sur la chaîne publique d'information en continu et, fait nouveau, on y discutait des éventuelles fraudes dans certaines régions, comme de bourrage des urnes.

"Nous avons la certitude absolue que les élections se sont déroulées de manière tout à fait légitime", a affirmé Ella Pamfilova, qui a tout de même admis lundi des problèmes dans certains bureaux de vote et assuré que le scrutin y serait annulé si les soupçons de fraude étaient confirmés. Une enquête a été ouverte contre des employés d'un bureau de vote de Rostov-sur-le-Don, qui apparaissent sur une vidéo en train de bourrer des urnes.

L'ONG de défense des droits des électeurs Golos a jugé qu'il y avait eu "moins de falsification grossière et directe qu'en 2011", mais que le scrutin était "loin de pouvoir être qualifié de libre et juste" en raison du poids de Russie Unie dans la campagne électorale.

Avec AFP

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