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GRÈCE

Grèce : un gigantesque incendie ravage le camp de migrants de Moria à Lesbos

À Lesbos, des milliers de personnes ont dû fuir dans les champs alentour pour échapper au feu.
À Lesbos, des milliers de personnes ont dû fuir dans les champs alentour pour échapper au feu. Shamshaid Jutt (demandeur d'asile pakistanais, à Moria depuis février 2016)
5 mn

Un gigantesque incendie, apparemment volontaire, a ravagé lundi le camp de réfugiés et de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. Des milliers de personnes ont dû fuir les flammes.

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L'incendie serait volontaire. Le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, où vivent des réfugiés et des migrants, a été ravagé lundi 19 septembre par les flammes. Aucune victime n'était rapportée en début de nuit, mais le feu a "presque entièrement détruit" les tentes dans le camp, et les containeurs servant d'hébergement ou de bureaux ont été endommagés, a indiqué une source policière à l'AFP.

Des milliers de personnes ont dû fuir dans les champs alentour pour échapper au feu.

"Entre 3 000 et 4 000 migrants ont fui le camp de Moria", a déclaré à l'AFP cette source policière, soulignant que des vents puissants attisant les flammes ont rendu la situation "difficile" à maîtriser, dans un premier temps.

Elle a indiqué n'avoir "aucun doute" sur le fait que l'incendie avait été allumé volontairement par des migrants.

Photo de l'incendie de Moria prise par Shamshaid Jutt, un réfugié pakistanais présent à Lesbos depuis février 2016.
Photo de l'incendie de Moria prise par Shamshaid Jutt, un réfugié pakistanais présent à Lesbos depuis février 2016. Shamshaid Jutt

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Les pompiers ont dans un premier temps eu du mal à intervenir en raison de bagarres ayant éclaté dans le camp entre groupes rivaux de nationalités différentes, selon des sources concordantes. Une fois à l'intérieur, ils ont néanmoins réussi à maîtriser le feu. La police est ensuite partie à la recherche des migrants, et plusieurs centaines ont regagné le camp.

Environ 150 mineurs qui y étaient hébergés ont été évacués vers un camp réservé aux enfants sur l'île, a ajouté cette source.

Les incidents sont fréquents dans ce camp alors que sont entassés à Lesbos, et notamment à Moria, 5 650 réfugiés et migrants, pour 3 500 places d'hébergement, selon les statistiques publiées lundi par le gouvernement grec.

La plupart de ces personnes sont bloquées là depuis l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie le 20 mars, prévoyant le renvoi systématique en Turquie des migrants arrivés depuis cette date.

Mais la grande majorité ont demandé l'asile en Grèce et doivent attendre sur l'île l'issue de leur démarche, ce qui peut prendre des mois.

>> À lire sur France 24 : les grecs face aux migrants : le "hangar des âmes"

Une rumeur à l'origine des violences

Seules 502 personnes ont été renvoyées en Turquie au terme de cet accord depuis le 20 mars. C'est cependant une rumeur selon laquelle les retours allaient brutalement s'intensifier qui serait à l'origine des violences de la journée, selon l'agence de presse grecque ANA.

Deux incendies avaient éclaté dans les champs d'oliviers près de Moria, et avaient été maîtrisés, avant que n'éclate celui de la soirée à l'intérieur même du camp.

Photo prise du camps de Moria par Shamshaid Jutt, réfugié pakistanais présent à Lesbos depuis février 2016.
Photo prise du camps de Moria par Shamshaid Jutt, réfugié pakistanais présent à Lesbos depuis février 2016. Shamshaid Jutt

La tension est grande aussi sur les autres îles d'arrivée des réfugiés (Chios, Samos, Leros, Kos...). Au total sur toutes les îles d'arrivée, Lesbos comprise, il y avait lundi 13 536 personnes pour 7 450 places.

Il y a désormais plus de 60 000 migrants et réfugiés en Grèce. Ceux qui ne sont pas sur les îles, consignés en vertu de l'accord UE-Turquie, sont généralement coincés en Grèce continentale par la fermeture de la frontière macédonienne début mars. Ceux-là attendent également l'asile, soit en Grèce, soit dans un autre pays européen par voie de relocalisations, dont le nombre est environ dix fois inférieur aux promesses.

Les groupes de défense des droits de l'Homme ont critiqué à de multiples reprises les conditions dans les camps de migrants grecs, et notamment leur surpopulation et souvent des mauvaises conditions de vie.

Avec AFP

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