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Nicolas Sarkozy à Calais : mauvaise foi et approximations

Nicolas Sarkozy aux côtés de Natacha Bouchart, la maire de la commune, le 21 septembre 2016.
Nicolas Sarkozy aux côtés de Natacha Bouchart, la maire de la commune, le 21 septembre 2016. Philippe Huguen, AFP

En déplacement à Calais, Nicolas Sarkozy a promis de régler le problème de la "jungle". Il a également dénoncé la "démission" de l’État et son "absence d’autorité" sur le sujet. Mais avait-il fait mieux quand il était au pouvoir ?

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On se doutait que l’épineux dossier de la "jungle" de Calais serait au cœur de la campagne présidentielle française. Mais à deux mois de la primaire de la droite et à huit mois du premier tour, le sujet est déjà sur les lèvres de tous les candidats de presque tous les partis politiques. Et il va souvent de pair avec bon nombre d’approximations et de contre-vérités. Le candidat des Républicains, Nicolas Sarkozy, en déplacement mercredi 21 septembre dans la ville du Nord, n’a pas dérogé à ce constat. Petit point sur ses déclarations.

"Le dossier calaisien illustre la démission de l’État"

Nicolas Sarkozy critique sans relâche la politique - ou plutôt la non-politique, selon lui – du gouvernement actuel. D’un point de vue purement formel, la place Beauvau n’est pourtant pas inactive sur le sujet. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a promis le démantèlement total de la "jungle" de Calais et la répartition de ses 9 000 migrants dans les CAO (centres d’accueil et d’orientation) ou les CADA (Centres pour demandeurs d’asile) des régions françaises. Les autorités avaient déjà démantelé toute la "zone sud" de la "jungle" en mars 2016 où vivaient près de 3 500 personnes selon les associations.

À l’époque où il était ministre de l’Intérieur (2002-2007), qu'avait fait Nicolas Sarkozy ? À son arrivée place Beauvau, il avait lui aussi promis de prendre le problème de la crise migratoire à bras-le-corps. Le dossier était déjà archi-sensible. La "jungle" de Calais n'existait pas encore mais le camp de réfugiés de Sangatte, si. Ouvert en 1999 sous le gouvernement Jospin, et prévu pour accueillir 800 personnes, le centre a rapidement fait face à un flot exponentiel de migrants. Il en accueillera jusqu'à 1 700. En trois ans, 70 000 personnes y transiteront.

En 2002, face à la colère de la population, à la surpopulation de Sangatte et aux tensions de plus en plus courantes entre migrants, le chef de l'État décide de démanteler totalement le centre. Une fermeture qui ne réglera rien. Le flux migratoire ne cesse pas. Et les nouveaux arrivants, toujours désireux de passer en Angleterre, viennent à nouveau s’entasser dans des conditions désastreuses sur les côtes calaisiennes. Dix ans plus tard, la "jungle" est née.

• "Les Français n’ont pas vocation à être les douaniers anglais"

Nicolas Sarkozy a annoncé lors de son déplacement à Calais son intention de renégocier les accords du Touquet, signés en 2003. Ces accords prévoient un "déplacement de la frontière britannique" de Douvres (Royaume-Uni) à Calais (France). En vertu de ce décret, Paris ne peut donc pas légalement laisser les migrants traverser la Manche. Et les personnes s'étant vu refuser l'accès au territoire anglais doivent de fait rester en France.

Or ces accords ont été signés par le ministre de l'Intérieur de l'époque, un certain... Nicolas Sarkozy.

• "On ne va pas multiplier les Calais partout en France"

La phrase a été prononcée sur France 2 sur le plateau de L’émission politique. Mais elle concerne directement la visite de Nicolas Sarkozy dans le nord de la France. En prononçant cette phrase, le candidat des Républicains sous-entend que de multiples "jungles" pourraient voir le jour dans différents territoires français après le démantèlement de la "jungle".

Une déclaration plutôt surprenante : d'après l'actuel plan Cazeneuve, les migrants qui ne souhaitent pas aller en CADA (et demander l'asile), doivent être répartis dans les différents CAO français. Il en existe 161 sur l’ensemble du territoire. Ces centres se situent généralement dans des bâtiments publics (salles communales, centre de loisirs, bâtiments désaffectés…) et accueillent en fonction de la capacité d’accueil et de la taille des villes. Il ne s’agit donc pas de créer de nouveaux campements sauvages. "Personne n'a vu 161 mini-camps ou mini-Calais se constituer", a d’ailleurs souligné Cazeneuve, dénonçant des "contre-vérités" et des "instrumentalisations vulgaires et outrancières".

Et les migrants qui boudent les CAO ? Ils repartent en très grande majorité vers Calais pour retenter un passage vers l’Angleterre. Ils n’ont donc pas de raison de rester aux abords des villes françaises et de s’y installer.

>> À revoir le webdocumentaire : "La boue au ventre: ces migrants pris au piège à Grande-Synthe"

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