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Venezuela : le référendum anti-Maduro n'aura pas lieu en 2016, l'opposition proteste

La révocation du président chaviste Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, est réclamée par l'opposition.
La révocation du président chaviste Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013, est réclamée par l'opposition. Présidence vénézuelienne, AFP

Nicolas Maduro s'offre un sursis. Les autorités électorales vénézuéliennes ont annoncé mercredi que le référendum visant à le révoquer n'aurait pas lieu cette année, mais après janvier 2017.

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Le référendum contre le président Nicolas Maduro, de plus en plus impopulaire, n'aura pas lieu cette année au Venezuela. Ce sont les autorités électorales vénézuéliennes qui l’ont annoncé mercredi 22 septembre, douchant les espoirs de l'opposition de révoquer le chef de l’État.

Pour que des élections anticipées aient lieu, le référendum doit avoir lieu d'ici le 10 janvier 2017 et être couronné de succès, mais selon le Conseil national électoral (CNE) le vote "pourrait avoir lieu au milieu du premier trimestre 2017".

Un CNE pro-Maduro ?

Report après report, l'opposition, réunie dans la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre droit), majoritaire au Parlement, attendait depuis une semaine le feu vert du CNE. Le calendrier du référendum a une importance capitale : s'il est organisé cette année, et que Nicolas Maduro perd, comme le prévoient de nombreux sondages, des élections anticipées seront organisées. S'il est démis de ses fonctions l'année prochaine, son vice-président assurera l'intérim et maintiendra le Parti socialiste au pouvoir jusqu'à la prochaine élection présidentielle, fin 2018.

Le CNE, accusé par le camp anti-Maduro de retarder le processus pour le protéger, a également annoncé que l'opposition devra réunir quatre millions de signatures (20 % de l'électorat) en trois jours, du 26 au 28 octobre, ultime étape avant de pouvoir convoquer le référendum. Ensuite, le CNE aura un mois pour les vérifier, puis jusqu'à trois pour convoquer le référendum.

"Nous rejetons les éléments anticonstitutionnels de cette annonce de la commission électorale", a réagi Jesus Torrealba, porte-parole de la MUD, lors d'une conférence de presse mercredi soir. Il a réaffirmé que l'opposition exigeait l'organisation du référendum en 2016 et annoncé un "un plan de lutte" pour définir les moyens de continuer à faire pression.

Au-delà des questions de dates, le niveau de mobilisation lors de l'ultime étape avant le référendum pourrait avoir un impact très négatif sur le gouvernement, en cas de forte participation, estiment les experts. Lors du précédent stade de ce fastidieux processus, l'opposition avait recueilli neuf fois plus que les 200 000 signatures nécessaires.

>> À lire sur France 24 : "Même des chavistes historiques se retournent contre Maduro"

7,5 millions de voix à recueillir

Si l'opposition parvenait à réunir près ou plus de 7,5 millions de voix, soit le score de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2013, cela aurait un "impact indéniable", même si le référendum lui-même n'a pas lieu en 2016, avait déclaré à l'AFP Eugenio Martinez, expert en questions électorales.

Ce score symbolique de 7,5 millions de voix est le seuil requis pour destituer le président lors du référendum. "Que huit millions de personnes signent (au cours de cette ultime étape) et ce serait une forme de référendum révocatoire", avait abondé l'analyste Hector Briceño.

Après 17 ans de chavisme (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013), la population semble lassée et les analystes préviennent du risque d'explosion sociale alors que le pays a sombré économiquement. Selon l'institut Datanalisis, 80 % des Vénézuéliens exigent un changement de gouvernement dans ce pays pétrolier dont l'économie s'est effondrée avec la chute des cours du brut. L'inflation devrait exploser à 720 % cette année selon le Fonds monétaire international (FMI).

Les modalités de la collecte de signatures sont aussi au cœur des débats entre l'opposition, le gouvernement et le CNE : la MUD exige que le seuil de 20 % de l'électorat requis se fasse au niveau national et non pas dans chaque État, comme le souhaite l'autorité électorale. Car si un seul État ne dépassait pas ce seuil, tout le processus serait invalidé.

Autre point d'achoppement, le nombre de machines pour collecter les signatures. Le CNE en propose 4 300, quand l'opposition en demande 19 500. Pour l'analyste Luis Vicente Leon, le camp gouvernemental "cherche à retarder, décourager et qu'il n'y ait pas de référendum en 2016. Avec peu de machines et 20 % par État, c'est très difficile de collecter les signatures (nécessaires) et l'opposition va se diviser pour savoir s'il faut accepter ou pas".

Avec AFP et Reuters
 

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