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Près de 30 000 personnes ont manifesté à Varsovie contre le gouvernement polonais

Des dizaines de milliers de personnes ont pris part samedi 24 septembre 2016 à la manifestaion contre le gouvernement polonais organisée par le Comité pour la défense de la démocratie.
Des dizaines de milliers de personnes ont pris part samedi 24 septembre 2016 à la manifestaion contre le gouvernement polonais organisée par le Comité pour la défense de la démocratie. Wojtek Radwanski, AFP

Des dizaines de milliers de personnes ont battu le pavé de la capitale polonaise samedi pour protester contre les menaces que le gouvernement conservateur de Droit et Justice fait peser sur l’État de droit.

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Ils étaient entre 25000 et 30 000 samedi à manifester samedi 24 septembre dans les rues de Varsovie contre d'éventuelles atteintes à l'État de droit en Pologne du gouvernement conservateur de Droit et Justice (PiS).

Les opposants, réunis sous la bannière du Comité de défense de la démocratie (KOD), accusent le gouvernement conservateur de Droit et Justice (PiS), de chercher à paralyser le Tribunal constitutionnel alors que celui-ci joue un rôle de contre-pouvoir important.

La majorité gouvernementale a modifié en novembre 2015 les règles de nomination des membres du Tribunal constitutionnel et, en décembre 2015, de son fonctionnement, suscitant des craintes pour son indépendance.

Interdiction quasi-totale de l'avortement

Le gouvernement conservateur est également accusé de préparer une loi prévoyant l’interdiction quasi-totale de l’avortement, durcissant encore la loi actuelle, déjà parmi les plus restrictives d'Europe. Selon un article du site Géopolis, "la proposition de loi, lancée par l’institut juridique catholique Ordo Iuris, prévoit d'autoriser une IVG seulement si elle est indispensable à la survie de la mère".

La loi actuelle, déjà très restrictive, ne permet de pratiquer d'avortement que dans trois cas, précise Géopolis : "Lorsque la vie ou la santé de la mère est menacée, en cas de pathologie grave et irréversible chez l'embryon et lors d'une grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste".

Signe de la pression qui pèse actuellement sur les Polonaises en raison de cette révision de la loi sur l'avortement, le site Terriennes, spécialisé dans l'actualité des femmes, raconte avoir reçu sur sa page facebook un appel à l'aide d'une jeune Polonaise : "Au nom des femmes polonaises, je vous supplie de nous adresser un signe de solidarité."

Interrogée par le média, la jeune femme a exprimé sa crainte de voir ses droits restreints : "Si on n'agit pas, ce sera de pire en pire. L'Église en Pologne est si puissante. Nous voudrions que de plus en plus de femmes n'aient pas peur de nous rejoindre, mais en dehors des villes, c'est très difficile de se manifester pour elles."

"Le KOD voudrait que le gouvernement respecte le droit et la Constitution"

Avant le démarrage de la marche, l'intellectuel de gauche Adam Michnik, figure historique de l'opposition anticommuniste et aujourd'hui patron du grand quotidien Gazeta Wyborcza, a mis en garde les conservateurs contre d'éventuelles violations de la Constitution, dénoncées par l'opposition au sujet du Tribunal.

"Le KOD ne veut pas renverser le gouvernement (...). Il voudrait que le gouvernement de Jaroslaw Kaczynski [chef du parti au pouvoir] respecte le droit et la Constitution, mais s'il ne les respecte pas, la société aura le devoir de l'écarter du pouvoir. Il en sera écarté par la voie des élections démocratiques", a-t-il déclaré.

Le Parlement européen a dénoncé à la mi-septembre la paralysie du Tribunal et l'adoption de lois pouvant porter atteinte aux droits fondamentaux, alors que Varsovie est engagée dans un bras de fer avec Bruxelles sur ces thèmes.

>> À lire sur France 24 : "Manifestation record à Varsovie pour "préserver la place de la Pologne en Europe""

C'était la deuxième manifestation de la journée à Varsovie, après celle de plusieurs milliers de médecins, infirmières et techniciens médicaux, qui réclamaient une augmentation importante du budget de la Santé, dénonçant leurs salaires de misère.

Avec AFP

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