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Le pape s'alarme sur un prétendu enseignement en France de la "théorie du genre"

Le pape François, dimanche 2 octobre, dans l'avion qui le ramenait du Caucase.
Le pape François, dimanche 2 octobre, dans l'avion qui le ramenait du Caucase. Luca Zennaro, Ansa, AFP

Le pape François a pris position, dimanche, contre l'enseignement en France de la "théorie du genre", qui serait, selon un père de famille, enseigné dans l'Hexagone. La ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, parle d'une "folie mensongère".

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Le chef de l'Église catholique s'empare d'une polémique vieille de 3 ans en France sur la "théorie du genre" qui serait enseignée, selon lui, dans les écoles françaises. Dimanche 2 octobre, le pape François, s'exprimant devant la presse à bord de l’avion qui le ramenait du Caucase, a raconté une anecdote : un père de famille catholique français lui a confié comment son fils de dix ans, interrogé sur ce qu'il voulait faire plus tard, avait répondu : "Être une fille".

"Le père s'est alors rendu compte que dans les livres des collèges, la ‘théorie du genre’ continuait à être enseignée, alors que c'est contre les choses naturelles", selon le pape, pour qui "faire un enseignement dans les écoles sur cette ligne" s'apparente à une volonté de "changer les mentalités", à une "colonisation idéologique".

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Une information à laquelle le groupe des éditeurs d’éducation a immédiatement réagi : les manuels "ne comportent aucune référence ni mention de cette ‘théorie du genre’, mais confortent les principes républicains de liberté et d'égalité". Le syndicat d’enseignants Sgen-CFDT a fait également savoir qu’il "n'y a pas de ‘théorie du genre’, il y a des ‘études de genre’ qui visent à savoir comment le genre est construit socialement, ce qui est extrêmement intéressant. Entre ‘théorie du genre’ et ‘théorie du complot’, il n'y a pas bien loin : il est un peu dommage que le pape chevauche ce genre de sujets", explique Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT.

Pour la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, le pape "a fait preuve de plus de discernement" par le passé. "C'est une erreur de sa part. Personne ne l'attendait là-dessus. Le débat en France n'existe pas. C'est déplacé, inutile", a-t-elle confié à l'AFP.

Le gouvernement a également réagi par la voix de sa ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, interrogée sur France Inter : "Sur des sujets aussi sérieux que cela, on a donc aujourd'hui des intégristes capables d'embarquer, y compris le pape, dans leur folie mensongère ? Moi ça me met très en colère, honnêtement".

Mais le débat, très vif durant l’année 2013-2014, n’est pas ravivé pour autant en France. Le porte-parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, a d’ailleurs clos la question en twittant : "Certaines polémiques sont stériles et infondées. Il suffit de lire ce qu'a dit le pape pour s'en apercevoir". Par le passé, le pape s'était exprimé sur l’homosexualité, encourageant l'Église catholique à formuler des excuses.

Les propos du pape ont trouvé, lundi, assez peu d'écho à droite. L'ancienne secrétaire d'État à la Famille Nadine Morano (LR) s'est montrée prudente : "Sur cette question je suis moins inquiète que le pape sans doute, mais je ne vois pas aussi à quel(s) livre(s) il fait référence."

Seuls quelques acteurs du antimariage gay et lesbien ont réagi pour soutenir le pape. "Qui êtes-vous, Mme @najatvb, pour regretter des 'paroles légères et infondées' du pape ?", a ainsi taclé le député Les Républicains Hervé Mariton, opposant au mariage homosexuel.

 

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