FRANCE

Prison : l'État français assigné pour la prolifération de rats et d'insectes à Fresnes

L'entrée du centre pénitentiaire de Fresnes.
L'entrée du centre pénitentiaire de Fresnes. Patrick Kovaric, AFP
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Depuis plusieurs mois, les 2 800 détenus de la prison de Fresnes font face à une prolifération de rats, cafards, puces et autres nuisibles. L'Observatoire international des prisons a décidé d'assigner l’État devant la justice.

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L'Observatoire international des prisons (OIP) a assigné l’État devant le tribunal administratif de Melun, en Île-de-France, en raison de la prolifération d’animaux nuisibles au centre pénitentiaire de Fresnes, rapporte France Inter, lundi 3 octobre.

Depuis plusieurs mois, les 2 800 détenus du deuxième centre carcéral de France sont ainsi contraints de cohabiter avec des rats, des punaises, des cafards et des puces. D’après l’OIF, deux détenus ont contracté en février dernier la leptospirose, une maladie se transmettant par les rats. Cet été, le syndicat Force ouvrière (FO) avait déjà publié une lettre ouverte, dans laquelle il pointait les risques sanitaires liés à la présence de rongeurs et de leurs déjections. Malgré ces alertes, la situation perdure.

Pour porter l’affaire devant la justice, l’OIP a rassemblé plusieurs témoignages de détenus et de visiteurs réguliers de la prison. Avocate au barreau de Créteil, Maud Schlaffman-Amprino s’y rend chaque semaine pour rencontrer ses clients. "À Fresnes, on trouve principalement des rats, surtout dans les cours de promenade et les coursives", raconte-t-elle. Qui dit rats, dit déjections, ça fait beaucoup d'odeurs qui remontent, qui sont difficiles à supporter. C'est aussi, la nuit, des clients qui me racontent qu'ils entendent les rats se battre. C'est, au petit matin, entrer dans sa cour de promenade, et découvrir des cadavres de rats... Dans les cellules, ce sont les insectes, principalement des punaises de lit et des cafards. Un client m'a dit que son matelas était tellement infesté qu'il préférait dormir assis, la tête posée sur la table de la cellule, plutôt que dans son lit."

Les détritus jetés par la fenêtre

Alertée après les deux cas de leptospirose, l’Agence régionale de santé (ARS) avait estimé que la prolifération des rats était surtout due aux déchets jetés par les détenus. Fin juillet, la direction de l'établissement a affirmé avoir pris des mesures pour endiguer le phénomène, comme le nettoyage quotidien des allées et le ramassage des poubelles une à deux fois par jour.

>> À lire sur France 24 : "Surpopulation carcérale : Urvoas veut créer 10 000 à 16 000 cellules individuelle"

Mais les prisonniers affirment être toujours confrontés à un entassement des déchets dans leur cellule, dont le taux de surpopulation s’élève à 200 %. "Des détenus me disent qu'ils jettent les détritus par la fenêtre. J'ai rencontré un monsieur l'autre jour, qui m'a dit qu'on ne venait jamais récupérer son sac poubelle. Quand ça fait une semaine que vous avez des détritus qui s'accumulent dans 9 m2, partagés à deux ou à trois, ce n'est plus possible", rapporte Maud Schlaffman-Amprino.

L’OIP demande au tribunal de Melun des mesures d’urgence. Une audience devrait se tenir dans les 48 heures. En 2012, rappelle France Inter, l’association avait obtenu du Conseil d'État qu’une opération d’envergure de dératisation et de désinsectisation soit menée aux Baumettes, à Marseille.

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