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Près d’un quart des recrues étrangères de l’EI sont allés à l’université, estime la Banque mondiale

Une image de propagande de l'EI datant de 2014.
Une image de propagande de l'EI datant de 2014. AFP

Les recrues étrangères de l’organisation État islamique sont, pour 25 % d’entre elles, passées par l’université. Ces individus ont davantage tendance à se porter candidates pour perpétrer des attentats-suicides, estime la banque mondiale.

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Les candidats aux attentats-suicide – et plus largement au jihad – dans les rangs de l’organisation terroriste État islamique (EI) sont loin d’être majoritairement pauvres, sous-éduqués, voire illettrés, comme le voudrait une idée reçue tenace. La Banque mondiale a constaté qu’un quart des recrues étrangères ayant rejoint l’EI entre 2013 et 2014 assurent avoir été à l’université, dans un rapport sur "l’inclusion économique et sociale pour la prévention de l’extrémisme violent", paru mercredi 4 octobre.

L’institution, d’habitude davantage portée sur l’analyse des PIB et autres indicateurs économiques, a étudié les profils de 3 803 recrues étrangères de l'EI issus de données internes à l’organisation jihadiste obtenues par les services de renseignements allemands en mars 2016. Ces informations correspondent aux réponses apportées par les candidats souhaitant rejoindre l’EI à des questions portant sur l’âge, les motivations ou encore le bagage religieux et scolaire.

De l’université à l’attentat-suicide

À peine plus de 1% des nouvelles recrues se sont déclarées illettrées et moins de 15 % ne sont pas allées plus loin que l’école primaire. Près de 70 % de ces volontaires ont, en revanche, effectué au moins des études secondaires – et 25 % d'entre eux sont allés à l’université. Les autres (16,3%) n’ont pas fourni de réponse sur leurs antécédents scolaires.

Ces nouveaux combattants ont même un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne de leurs congénères dans leur pays d’origine, d’après les conclusions de la Banque mondiale. Une réalité qui s’applique aussi bien à tous, quelques soit leur zone géographique d'origine. Mais la Banque mondiale prévient que ces aspirants jihadistes ont pu mentir sur leur niveau réel d'éducation et qu'il n'y avait aucun moyen de vérifier la véracité de leurs dires.

Les jihadistes ayant un bagage universitaire ont aussi davantage tendance à demander lors de leur "entretien d’embauche" à devenir des candidats aux attentats-suicides, alors que les recrues peu éduquées sont d'abord motivés par l'idée de combattre. Cette tendance suicidaire est cependant à nuancer : elle peut, en partie, être mise sur le compte de la volonté d’impressionner le recruteur.

Le facteur emploi

L'éducation n'est pas le seul facteur à entrer en compte. Les candidats au jihad ayant un haut niveau de compétences religieuses semblent plutôt moins enclins à chercher les occasions d’attentats-suicide. Ils sont même plutôt plus intéressés que les autres par les emplois administratifs. Les auteurs de l’étude ont observé un comportement similaire chez ceux qui détenaient un emploi avant de se rendre sur les terres de l’EI, surtout s’ils étaient dirigeants de société ou employés du secteur privé.

Le cocktail le plus explosif provient donc de la recrue étrangère très éduquée et frustrée de ne pas avoir pu trouver de débouché professionnel dans son pays d’origine. D’où, la conclusion des experts de la Banque mondiale : les pays offrant des bonnes possibilités d’éducation mais qui n’arrivent pas à mettre leurs jeunes sur le chemin du travail sont les meilleurs viviers pour les futurs auteurs d’attentats-suicides. Pour les auteurs du rapport, "les politiques qui font de l’emploi des jeunes leur priorité ne sont pas seulement bonnes pour l’économie nationale ou régionale, mais peuvent aussi contrecarrer la prolifération de l’extrémisme violent".

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