Découvertes

Au Japon, on se tue littéralement au travail et c’est devenu un problème national

Des employés de bureau au Japon.
Des employés de bureau au Japon. George Clerk/getty images

Le nombre des morts liées au sur-travail a largement augmenté ces dernières années. Un nouveau rapport gouvernemental explique pourquoi.

Publicité

Certains Japonais se tuent à la tâche. Et ce n’est pas qu’une expression : les suicides et les attaques cardiaques dues au sur-travail se comptent par milliers au Japon. Le phénomène morbide a même un nom : le karoshi.

VOIR AUSSI : Comment appliquer le "droit à la déconnexion" sur son lieu de travail ?

Plus de 60 heures de travail par semaine dans un quart des entreprises

Le mois de novembre 2015 était d'ailleurs officiellement dédié à la sensibilisation au karoshi. Un mois plus tard s’ouvrait une enquête publique sur le sur-travail en lui-même, dont les résultats, basés sur les déclarations de près de 1 800 entreprises et 20 000 travailleurs, ont été publiés ce jeudi 7 octobre. Et ils sont parlants.

Dans un quart des entreprises, les travailleurs font plus de 80 heures supplémentaires par mois. Et dans plus de 10% des compagnies, c’est plus de 100 heures de plus par mois. Au Japon, où la semaine légale est de 40 heures par semaine, cela équivaut à des semaines de travail de plus de 60 et 70 heures respectivement.

Culture du travail acharné

Les secteurs les plus touchés sont ceux des nouvelles technologies, de l’information et de la communication. L’enseignement, la poste et les transports le sont aussi largement

Le problème n’est pas nouveau – on parle du karoshi depuis les années 80 – mais il est devenu un véritable problème d’Etat récemment, avec une loi de prévention entrée en vigueur fin 2014. D’après les dernières données du gouvernement japonais (des statistiques sur le karoshi sont publiées chaque année depuis 1987), les suicides liés au travail ont augmenté de 45% ces quatre dernières années parmi les moins de 29 ans, et de 39% chez les femmes.

Le phénomène s’explique par une culture qui valorise la présence au bureau et le travail acharné, explique Quartz, à laquelle s’ajoute le manque de main-d’œuvre au Japon (1,28 emplois par actif).

En mars 2015, le nombre de réclamations de dommages et intérêts suite aux suicides de proches liés au travail a atteint un nouveau record avec 1 456 en un an, d’après Reuters.

L’objectif actuel du gouvernement, explique Japan Times, est de faire baisser le pourcentage d’employés qui travaillent plus de 60 heures par semaine à 5%. Et de faire en sorte que tous les salariés prennent au moins 70% de leurs congés payés.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine