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Éthiopie : l'état d'urgence déclaré en pleine contestation anti-gouvernementale

Des habitants de Bishoftu, dimanche 2 octobre 2016, font le signe de ralliement des opposants au gouvernement lors du festival d'Irreecha.
Des habitants de Bishoftu, dimanche 2 octobre 2016, font le signe de ralliement des opposants au gouvernement lors du festival d'Irreecha. Zacharias Abubeker, AFP

Alors que l'Éthiopie a connu de nouveaux incidents tout au long de la semaine, le gouvernement d'Addis Abeba, qui fait face à une contestation depuis plusieurs mois, a décidé, dimanche, de décréter l'état d'urgence.

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Le gouvernement éthiopien a déclaré l'état d'urgence, dimanche 9 octobre, après plusieurs mois de violents troubles dans le pays, ont annoncé les autorités.

L’entrée en vigueur de l’état d’urgence marque un durcissement du gouvernement face aux mouvements de contestation qui traversent l'Éthiopie depuis la fin de l'année dernière, réprimés par l'État au prix de centaines de morts selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

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"Nous nous donnons comme priorité la sécurité des citoyens. De plus, nous voulons mettre fin aux dommages causés à nos infrastructures, à des centres de santé, des bâtiments de l'administration et de la justice", a déclaré le Premier ministre.

L'Éthiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis 25 ans, mené par les communautés oromo et amhara, majoritaires dans le pays mais qui s'estiment marginalisées par le gouvernement.

Des entreprises étrangères prises pour cibles

Jeudi et vendredi, des complexes touristiques et des usines, dans le centre et l’ouest, ont été incendiés au cours de nouveaux incidents dirigés contre le gouvernement et les intérêts étrangers.

"Le Lodge est complétement détruit, incendié à 100 %", a déclaré à l'AFP une employée de l'hôtel Bishangari Lodge, situé sur les rives du lac Langano, au sud d'Addis Abeba, une des principales destinations touristiques de la région oromo et lieu de villégiature des habitants de la capitale.

>> À lire sur France 24 : "L'Éthiopien Feyisa Lilesa, médaillé d'argent du marathon aux Jeux de Rio, proteste au péril de sa vie"

Au moins onze entreprises, parmi lesquelles des usines de textile et de plastique, ont également été incendiées au cours des derniers jours ainsi qu'une soixantaine de véhicules, dans la seule zone industrielle de Sebeta, à l'ouest d'Addis, selon la radio gouvernementale Fana, qui attribue ces incidents à des "forces belliqueuses".

Mardi, une ferme fruitière néerlandaise, AfricaJuice, avait également été saccagée dans la vallée de l'Awash, dans le sud-est du pays.

Une Américaine tuée près d’Addis Abeba

"Nous avons manifesté pacifiquement pendant près d'un an, sans résultat. Les tueries ont continué et avec ce qui s'est passé au festival Ireecha, les gens sont furieux", a expliqué Barnabas, un jeune manifestant oromo joint au téléphone par l'AFP dans la ville de Holeta, proche de la capitale.

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"Ces compagnies prennent la terre des paysans sans compensations suffisantes. Il est très difficile d'obtenir un travail dans ces entreprises. Seul un petit groupe de personnes en bénéficient. Nous n'en tirons aucun bénéfice", a ajouté Barnabas pour justifier les attaques contre les entreprises étrangères.

Une ressortissante américaine avait été tuée mardi près d’Addis Abeba, victime d'un jet de pierre lorsque le véhicule dans lequel elle circulait a été pris pour cible par des manifestants. La jeune femme de 31 ans était une chercheuse en biologie de l'université californienne de Davis (États-Unis).

Le réseau Internet mobile est par ailleurs régulièrement coupé par les autorités pour empêcher la diffusion d'appels à manifester. Il est en particulier hors service en région omoro depuis des mois.

Avec AFP

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