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Rwanda : le président Kagame menace la France d'une nouvelle rupture diplomatique

Le président Paul Kagame, lors d'un entretien accordé à France 24, le 5 avril 2014.
Le président Paul Kagame, lors d'un entretien accordé à France 24, le 5 avril 2014. Capture d'écran FRANCE 24

Le président rwandais Paul Kagame a brandi lundi la menace de rompre les relations diplomatiques entre Paris et Kigali après que des juges français ont demandé de relancer l'enquête sur l'attentat contre l'ex-président Juvénal Habyarimana.

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Paul Kagame a lancé une nouvelle charge contre la France. Le président rwandais a implicitement menacé Paris, lundi 10 octobre, d'une nouvelle rupture des relations diplomatiques à la suite de la décision par des juges français de relancer leur enquête sur l'attentat contre l'ex-président Juvénal Habyarimana, attentat qui a déclenché le génocide rwandais de 1994. "Si tout recommencer doit s'assimiler à une épreuve de force, et bien nous aurons une épreuve de force", a mis en garde le président Kagame à Kigali, lors d'un discours devant le Parlement.

Je dois rappeler que ce Rwanda, le système judiciaire du Rwanda n'est pas soumis à la France ou aux intérêts français.

Le président Paul Kagame

Les juges français ont en effet décidé de relancer leur enquête pour entendre l'ex-général Faustin Kayumba Nyamwasa, qui accuse l'actuel président Paul Kagame d'être l'instigateur de l'attentat contre Juvénal Habyarimana, a appris vendredi l'AFP de sources concordantes.

L'attentat contre l'avion de Habyarimana le 6 avril 1994 est considéré comme l'élément déclencheur du génocide des Tutsi, qui a fait au moins 800 000 morts. Au Rwanda, une commission d'enquête a imputé l'attentat à des extrémistes hutu voulant se débarrasser d'un président jugé trop modéré.

"Souvenez-vous autrefois… "

En France, l'enquête ouverte à Paris après la plainte des familles de l'équipage, composé de Français, avait été close en janvier et une demande de non-lieu soumise par la défense de sept protagonistes mis en examen. La décision des juges de demander l'audition de l'ex-général Nyamwasa est susceptible d'ouvrir un nouveau délai de plusieurs mois.

"Après avoir trouvé que ce qu'ils cherchaient n'était pas là et ne reposait sur rien, je lis dans les médias que nous devrions tout recommencer", a lancé le président Kagame, avant de menacer de manière voilée d'une nouvelle rupture des relations diplomatiques. "Souvenez-vous, autrefois, lorsqu'au lieu d'aller chercher un visa à l'ambassade française, vous alliez dans une autre ambassade", a déclaré Paul Kagame. "Tout recommencer peut à nouveau signifier cela".

Les relations diplomatiques avec la France avait été rompues, et l'ambassade de France à Kigali fermée, entre 2006 et 2009, à la suite de l'émission de mandats d'arrêt par un juge français contre des proches du président Kagame, soupçonnant un commando du Front Patriotique Rwandais (FPR, au pouvoir) d'être derrière l'attentat contre Juvénal Habyarimana.

"C'est la France qui devrait être sur le banc des accusés et être jugée", a lancé le président. Les autorités rwandaises accusent toujours l'armée française d'avoir été impliquée dans le génocide de 1994.

Ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise (1994-2002), Kayumba Nyamwasa s'est réfugié en Afrique du Sud où il a fait l'objet d'au moins deux tentatives d'assassinat.

Avec AFP

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