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Facebook censure sa photo de mammographie, Le Monde réplique en postant un torse d'homme

La rubrique des Décodeurs a réagi sur Facebook avec ironie.
La rubrique des Décodeurs a réagi sur Facebook avec ironie. Capture d'écran LeMonde.fr

Facebook a censuré une photo de mammographie publiée par le journal Le Monde. Le réseau social a fait machine arrière et s’est excusé. Trop tard : "l'erreur" a relancé le débat sur les critères de modération du réseau social.

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Mardi 11 octobre, une autre paire de seins a été victime de la censure de Facebook. L’image était pourtant plus proche de l'univers de Grey’s Anatomy que de celui de Pornhub. Montrant un torse de femme en pleine mammographie, elle illustrait un article tout à fait sérieux des Décodeurs, la rubrique de fact-checking du Monde.fr, sur le cancer du sein. Mais un des deux tétons coupables (car coupables, ils le sont forcément) dépassait du mammogramme.

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Quelques heures plus tard, Facebook faisait machine arrière, évoquant une "erreur" due aux "millions de signalements" auxquels l'équipe annonce faire face chaque jour.

Sauf que, loin d'être la première, cette simple "erreur" a de quoi agacer. On le sait déjà : sur Facebook, la censure de la nudité féminine frôle trop souvent le ridicule, au point d'en devenir un running gag. Samuel Laurent, responsable de la rubrique des Décodeurs, ne s'est pas privé de le faire remarquer :

"Fillette au napalm", cancer du sein et Femen

En septembre dernier par exemple, Facebook avait supprimé une page dédié au dépistage du cancer du sein. On se souvient aussi de la censure de "la fillette au napalm", photo de la guerre du Vietnam qu'on a tous vu dans nos manuels d’histoire, et qui avait causé un bras de fer entre le réseau social et un grand quotidien norvégien.

Les Inrocks aussi en avait fait les frais, avec la publication en 2013 d'une photo de Femen, qui, comment on le sait, militent seins nus. Ironique, puisque les Femen critiquent justement la sexualisation à outrance de la poitrine féminine et font de leurs seins un symbole de lutte féministe.

D’après les standards de sa communauté, Facebook restreint "certaines images de poitrines féminines si elles montrent le mamelon, mais (autorise) toujours les photos de femmes qui défendent activement l’allaitement ou qui montrent les cicatrices post-mastectomie de leur poitrine".

Sur l’allaitement, la politique de Facebook s'était ouverte suite à la faveur de la campagne #FreeTheNipple qui avait envahi les réseaux sociaux.

Le téton masculin est autorisé

Là où le bât blesse, c'est que Facebook semble avoir une politique double standard en distinguant les poitrines féminine et masculine. Ce raisonnement deux poids deux mesures est accusé d'être sexiste. Samuel Laurent le sous-entend en republiant l’article avec la photo d’un torse masculin, accompagnée du commentaire ironique :

"Facebook ayant censuré l’image de mammographie accompagnant cet article, nous la remplaçons par une image de torse nu d’homme qui, elle, ne viole pas les conditions d’utilisation du réseau social."

Cette polémique rappelle une plus large question : celle de la place de la poitrine féminine dans l'espace public. Tantôt objet de désir dans la publicité, tantôt morceau de chair à bannir, les seins des femmes font polémique même en France où on aime pourtant tellement critiquer le puritanisme anglo-saxon. Une chroniqueuse l’a récemment démontré dans une vidéo où elle fait son jogging seins nus dans les rues de Paris –comme certains garçons, rappelle-t-elle – avant de se faire verbaliser par un policier.

Bref, en vrai comme en ligne, le chemin semble encore long avant la libération du téton.

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