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Le démantèlement imminent de la "jungle" de Calais inquiète les ONG

Le démantèlement de la jungle de Calais, située dans le nord de la France, se fera "dans les meilleurs délais" selon le ministre français de l'Intérieur.
Le démantèlement de la jungle de Calais, située dans le nord de la France, se fera "dans les meilleurs délais" selon le ministre français de l'Intérieur. Denis Charlet, Pool, AFP

Plusieurs ONG engagées à Calais ou dans les centres d'accueil et d'orientation des migrants se sont inquiétées de nouveau mardi, du démantèlement imminent de la "jungle". Selon Bernard Cazeneuve, l'opération aura lieu "dans les meilleurs délais".

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Aucune date n'a été officiellement confirmée, mais selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, mardi 11 octobre, le démantèlement de la "jungle" de Calais, qui abrite actuellement près de 10 000 personnes, interviendra "dans les meilleurs délais". L’imminence de cette opération d’évacuation inquiète les associations engagées à Calais, notamment sur le sort des mineurs isolés et la rapidité de l’intervention, difficilement compatible selon elles avec une opération respectueuse des droits.

"Nous sommes en train de préparer le démantèlement de Calais (...) dans des conditions humanitaires que nous voulons exemplaires", a déclaré Bernard Cazeneuve, se voulant rassurant, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué commun avec la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, le ministre de l’Intérieur a précisé que le démantèlement de ce camp de fortune situé sur une lande et qui abrite des migrants en quête d'un passage au Royaume-Uni "interviendra lorsque les conditions fixées pour une prise en compte de chacun seront réunies."

Les associations contre la "précipitation"

"Quelques inquiétudes restent latentes, sur la qualité du diagnostic", a réagi Jean-Claude Mas, secrétaire général de la Cimade. Un bon diagnostic de chaque personne, pour voir si elle est vulnérable, en famille, etc, suppose "qu'il n'y ait pas de précipitation", a-t-il rappelé. Or "le temps risque d'être court si on précipite le démantèlement." La date du 17 octobre avait été évoquée, notamment par le Défenseur des droits.

Les associations s'inquiètent également du sort des migrants qui refuseraient les propositions de placement en centres d'accueil et d'orientation (CAO) faites par les autorités. Ces personnes seraient alors redirigées vers des centres de rétention, indique Jean-Claude Mas. "Ça n'est pas la réponse qui nous semble adaptée", dit-il.

"Opération sécuritaire", "Chasse aux exilés"

Devant les associations rencontrées lundi, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse avaient assuré que tous les mineurs isolés se verraient proposer une orientation adaptée à leur situation, au Royaume-Uni ou en France. Ils ont également rappelé que près de 7 000 places avaient pu être créées dans de nouveaux CAO pour les migrants qui quitteront le campement de la lande, venant compléter les 3 000 existantes.

Emmaüs avait demandé lundi soir "le report du démantèlement" du campement de migrants, tandis qu'un responsable du Secours catholique dénonçait une "opération sécuritaire" et une "chasse aux exilés".

Selon des associations de terrain, environ 1 000 migrants ont déjà quitté Calais d'elles-mêmes, en anticipation du démantèlement.

Avec AFP et Reuters

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