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Serge Aurier, de la mise à l’épreuve à la bonne conduite

Le footballeur Serge Aurier, 23 ans, a plusieurs fois défrayé la chronique ces derniers mois.
Le footballeur Serge Aurier, 23 ans, a plusieurs fois défrayé la chronique ces derniers mois. Nicolay Doychinov, AFP

En un seul match, Serge Aurier fut houspillé pour un geste polémique puis porté aux nues pour avoir secouru un joueur adverse. Une énième "affaire" pour l’international ivoirien dont les récentes frasques lui valent une mise à l’épreuve permanente.

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D’un côté, le geste polémique. De l’autre, le geste qui sauve. D’un réflexe à un autre, l’international ivoirien Serge Aurier est passé du statut de "provocateur" à celui de sauveteur. Et a déclenché, au passage, un ramdam médiatique dont le défenseur du Paris-Saint-Germain est désormais coutumier.

Tout a commencé le 8 octobre à Bouaké, où l’équipe de Côte d’Ivoire recevait le Mali pour les éliminatoires du Mondial-2018. À la demi-heure de jeu, alors qu’il permet à son équipe de prendre l’avantage, l’arrière droit célèbre le but en mimant un égorgement en direction des tribunes.

Il n’en fallait pas plus pour enflammer Twitter. En France surtout, où ses détracteurs ont eu vite fait de voir dans ce pouce sur la gorge au mieux un "écart de conduite", au pire une "provocation" de mauvais goût dans ce contexte de menace jihadiste. Pour ses défenseurs, le joueur n’a fait que reproduire un "rituel de village", pour reprendre les termes d’un responsable de l’équipe malienne cité par "Jeune Afrique". Après tout, les rugbymen néo-zélandais ne font-ils pas la même chose lors de leurs fameux hakas ?

"Aurier a eu un réflexe énorme"

De fait, en Afrique, la célébration "guerrière" de Serge Aurier est passée inaperçue. Ce qui a retenu l’attention, ce soir de match, c’est au contraire l’attitude exemplaire de l’Ivoirien. Alors qu’un joueur malien, effondré sur la pelouse, est en train de faire une crise d’épilepsie, Serge Aurier lui apporte les premiers secours. Mercredi, sur les ondes de RMC, le sélectionneur du Mali, Alain Giresse a raconté : Moussa Doumbia "est en train d'avaler sa langue et de s'étouffer. Et là, Serge Aurier, avec un joueur de chez nous, a eu le réflexe de vite le mettre sur le côté et de passer sa main pour lui retirer sa langue, car il était en train de perdre la vie." Et d’ajouter : "Aurier a eu un réflexe énorme. Je lui en ai parlé après et je l'ai même remercié d'avoir eu ce sang-froid".

Plusieurs jours ont passé mais Twitter commente encore l’événement. Ou plutôt la manière dont a été traité l’événement. Des deux côtés de la Méditerranée, nombreux sont ceux qui, à l’instar du journaliste sportif Pierre Ménès, déplorent que médias et réseaux sociaux aient retenu du défenseur ivoirien son premier geste plutôt que le second.

De ce nouveau remous, on retiendra que Serge Aurier est devenu l’un des footballeurs les plus scrutés de la Ligue 1. Il faut dire que "buzzman", comme l’appelle Damien Glez, caricaturiste de "Jeune Afrique", défraye régulièrement la chronique. On se souvient qu’en février il avait créé la polémique en insultant Laurent Blanc et certains de ses coéquipiers parisiens via l'application Periscope. Quelques mois plus tard, c’est une altercation avec des policiers à Paris qui lui a valu une condamnation à deux mois de prison ferme. Depuis, les moindres faits et gestes de l’international de 23 ans sont examinés et commentés. Comme ceux d’un délinquant écopant d’un sursis avec mise à l’épreuve. Son "geste qui sauve" lui vaudra-t-il d’être libéré de la pression médiatique pour "bonne conduite" ?

 

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